Les Samedis matin de GO


Les Elus de GO Citoyenneté proposent une fois par mois, un débat sur des sujets de politique locale suivi d’un échange convivial autour d’un pot.



« REGARDS CROISÉS SUR LE GRAND GRENOBLE EN 2020 »


Compte rendu Samedi 12 sept
Samedi 12 septembre : centre social du vieux temple

OBJECTIF DE LA REUNION

La réunion du 12 septembre avait pour objectif de partir des réalités et des expériences dans des domaines essentiels :
• l'éducation,
• le mouvement associatif et l'économie solidaire,
• la recherche,
• l'innovation dans l'industrie et les services,
• l'action culturelle.

Compte rendu Samedi 12 sept
Pour amorcer un dialogue indispensable pour décloisonner les forces agissant dans le « Grand Grenoble », avec, notamment une question sur les contradictions et/ou cohérences qui pouvaient se révéler dans ces présentations.



1 Education (D. Bloch)

Un « système » très complexe associant un très grand nombre d'intervenants.


Les difficultés rencontrées pour une politique éducative :
- une tendance à privilégier le soin par rapport à la prévention des difficultés scolaires des jeunes

- les espoirs de réformes venant de l'intérieur sont tenus, mais, et ce n'est pas contradictoire, il ne peut y avoir de réforme sans adhésion des enseignants

- l'acquisition de connaissances ne suffit pas, il faut que les jeunes soient en mesure de disposer de véritables compétences, qui incluent les connaissances mais aussi des capacités à les mobiliser et ce dans des contextes différenciés. Cette approche par les compétences est peu développée en France.

- nous avons du mal à accepter les évaluations, dès lors qu'elles ne sont pas louangeuses, et nous avons tendance à accuser les thermomètres

- les études internationales établissent que paramètre principal de réussite éducative est celui constitué par le niveau moyen des élèves. C'est sur lui qu'il faut agir de façon principale. A l'inverse, des actions ou ciblées sur l'élite (cf CPGE,etc...) ou sur les élèves les plus en difficulté (ZEP...) réussissent rarement, comme échouent généralement les solutions où les élèves sont répartis par classe ou établissements de niveau.


Les principaux défauts du système


a.. maîtrise insuffisante de l'expression orale d'une large proportion des jeunes enfants

qui entrent en difficultés en CP et qui demeurent en difficultés tout au long de leur scolarité

b.. le lycée fonctionne comme une centrifugeuse sociale, les différents baccalauréats, leurs séries, leurs options ayant des élèves provenant de familles de catégories socioprofessionnelles différencviées.

c.. la France est au dernier rang en Europe en matière de démocratisation de l'enseignement

d.. la France a privilégié la formation des élites (essentiellement dans les « grandes » écoles) au détriment de la formation de l'ensemble de la population.

e.. les Universités jouent historiquement un rôle réduit dans la formation des élites et dans l'organisation de la recherche, formant là aussi une exception mondiale extrêmement contre-productive, notamment au niveau économique.


Un projet éducatif d'agglomération

NB : ce projet date de mars 2004 mais reste d'actualité. Voir en annexe le texte complet.



Les principales fonctions attribuées aux collectivités territoriales


a.. les Communes : les locaux: des Ecoles maternelles et élémentaires, cartes scolaires, périscolaire ( contrats éducatifs locaux)...

b.. Pour les Départements : Collèges,ramassage scolaire, personnels techniques et de services employés dans les Collèges...

c.. Région : Lycées, schéma de développement des enseignements professionnels, formation continue, personnels techniques et de service des Lycées...

d les Enseignements Supérieurs relèvent en principe seulement de l'Etat, en réalité des mécanismes de contractualisation, et notamment le contrat de Plan Etat-Région, mais aussi le plan Campus conduisent à ce que les communes, les départements et les régions contribuent aussi aux constructions, voire même à certaines dépenses de fonctionnement.

Le périscolaire constitue un vaste ensemble flou qui permet des rencontres entre les divers services de l'Etat présents sur les territoires, les collectivités territoriales concernées et le monde associatif (Contrats Educatifs Locaux, volets Education des Contrats de Ville, des GPV ou des Contrats Locaux de Sécurité ou encore les Contrats de temps libre (CTL) .etc. Une richesse dont personne n'a une vue véritablement d'ensemble, avec compte tenu du manque de cohérence des actions, une considérable déperdition d'énergie.

POUR UNE COHERENCE TERRITORIALE


Un défaut majeur : une absence de vision cohérente, globale, de fonctionnement du dispositif. Chacun n'en connait qu'une tranche alors que le parcours des élèves les traverse toutes ou presque, et que l'essentiel, c'est bien leur réussite.
Cette vision de l'éducation comme partie intégrante d'un projet d'agglomération est aussi proposée comme source d'une approche davantage citoyenne, efficace et responsable, moins individualiste ou corporative ou consumériste des questions relatives à l'éducation.

INNOVER, EXPERIMENTER : 10 PROPOSITIONS


1 Expérimenter à grande échelle des dispositifs de prévention de l'échec scolaire, type « Parler »

2 Développer sur l'agglomération des classes de troisième de découverte professionnelle. Lréducation nationale doit avoir son propre dispositif de seconde chance.

3 Fermer un ou plusieurs collège en zones sensibles pour, en répartisant les collégiens dans des collèges extérieur, provoquer de la mixité sociale (affirmative action, busing)

4 Viser pour les élèves ayant réussi un BEP, le droit de poursuivre des études en vue de la préparation d'un baccalauréat professionnel en ligne avec le BEP obtenu, notamment dans les séries tertiares

5 Développer l'orientation des jeunes vers les baccalauréats scientifiques et technologiques. Tous ceux et celles qui en ont la capacité n'utilisent pas leurs compétences dans ce domaine.

6 favoriser l'accès des bacheliers technologiques, et plus particulièrement des bacheliers des séries tertiaires, aux BTS tertiaires.

7 Démocratiser l'accès à la culture en liaison avec la DRAC, CCSTI. Relancer les classes à projet artistique et culturel

8 Soutenir le projet visant à développer une grande université à Grenoble.

9 Favoriser le rapprochement local entre les grands Établissements de Recherche et l'Université et ne pas laisser s'installer d'un côté des recherches et des formations à caractère technologiques et professionnelles et de l'autre un enseignement supérieur seulement scientifique et scolaire

10 Améliorer les conditions d'accueil à Grenoble des étudiants extérieurs ainsi que des enseignants et chercheurs étrangers.





Compte rendu Samedi 12 sept
2 Soutenir l’économie sociale et solidaire (ESS) (MF Chauveau)

L’ESS regroupe un ensemble d’organisations qui répondent à des principes communs:

Se sont des sociétés de personnes et non de capitaux (association)
Les décisions se prennent de façon démocratique (une personne= une voix) et les adhérents ou sociétaires élisent les dirigeants.
Les excédents sont principalement réinvestis dans des réserves impartageables
L’ESS se compose principalement de 3 grandes familles

Les coopératives (financières et autres)
Les mutuelles (assurances, prévoyance)
Les associations (employeurs ou non)
10% de l’emploi de la Métro en 2006 (24 347 postes de travail soit 15 230 équivalents temps plein)

94% des établissements sont des associations
56% des établissements de l’ESS sont implantés sur Grenoble.
la densité des établissements augmente lorsque l’on s’éloigne de la ville centre.
¼ des établissements de l’ESS sont employeurs (1800)

Les activités de l’ESS dans le territoire :

Les activités de santé, action sociale de l’ESS représentent 29%

Les activités financières et d’assurances : 55 %

Les activités récréatives, culturelles et sportives : 51%

L’éducation : 43%

Le commerce et transports 4%

Les activités de services aux entreprises 4%
De la production de liens sociaux
La création du lien social
Les échanges, les manifestations festives sont l’occasion de créer de la confiance préalable à toute action personnelle ou collective

Maintien du lien social
Solidarité intergénérationnelle, lutte contre les exclusions sociales et territoriales.

Education à la citoyenneté
L’ESS participe à la dynamique d’activité sur le territoire
Par l’expression des besoins nouveaux
L’association joue un rôle majeur dans la prise en considération de nouvelles attentes des associés eux-mêmes

Elle permet également la mise à jour des besoins non satisfaits par sa connaissance du territoire.
Par la valorisation de savoirs traditionnels du territoire jugés a priori non productifs
Filière en perte de vitesse, mode de consommation, mode de déplacement
Par l’émergence d’activités nouvelles qui accompagnent la transformations des modes de vie
Les crèches à horaires atypiques, l’hébergement intergénérationnel, les amap,
L’ESS représente un nombre important d’emploi de service avec un taux de croissance qui reste positif sur le territoire (+8% entre 2002 et 2006 sur la Métro)
Par la nature de ses activités, elle permet l’intégration professionnelle des femmes et la consolidation des emplois par la mutualisation (GIE).
Elle assure l’accès à l’emploi grâce à des parcours d’insertion, à des formations spécifiques ou encore par la mutualisation des risques (CAE) pour les créateurs d’entreprises.
Participation à la qualification des emplois

L’ESS permet des innovations
Nouveaux services : services aux personnes et aux entreprises
Nouvelles formes juridiques : SCIC, CAE
Nouvelles de relations au travail Travail gratuit/travail salarié, entrepreneur salarié, volontariat
Nouvelles de relations sociales dans l’entreprise
syndicats d’employeurs spécifiques à l’ESS
Autant de conflits du travail mais plus de négociation

Les limites
Atomisation des structures de l’ESS sur le territoire
Risque de banalisation : le porteur d’activité devient neutre, entre dans le jeu de la concurrence sur le marché
Risque d’instrumentalisation par l’acteur public


Compte rendu Samedi 12 sept
3 Propositions pour la recherche (F. Cotton)


Fabrice Cotton se pose la question de ce qui sous-tend le « modèle grenoblois ». Cela recoupe :

• des laboratoires de recherche performants,
• une capacité d’auto-réflexion et d’auto-proposition des acteurs (« bottom-up »)
• une continuité recherche-industrie
• un lien fort entre les élus et les acteurs de la recherche
• une qualité de vie qui permet d’attirer les meilleurs.
Le constat
Les nouveaux arrivants ne perçoivent pas toujours ces caractéristiques pourtant mises en avant dans tous les discours officiels.

Au niveau international, on constate des évolutions majeures qui ont ou auront des implications locales fortes :

• L’économie de la connaissance est l’objectif de tous les grands pays occidentaux ET émergents (Chine, Inde, états du Golfe). Il y a donc actuellement une compétition féroce pour attirer les meilleurs étudiants ou chercheurs. Or, comme partout en France, on assiste à une baisse du nombre d’étudiants dans les domaines scientifiques dits « durs ». La question de l’attractivité de Grenoble pour les étudiants et/ou jeunes chercheurs (français ou étrangers) est donc critique pour l’avenir.

• Les Universités sont à l’international les éléments centraux des dispositifs de recherche : leur visibilité et leur renommée conditionnent l’attractivité d’un site (le classement de Shanghai est de plus en plus utilisé par les étudiants étrangers, les chercheurs et les décideurs). Le diplôme de docteur devient le diplôme de référence à l’international pour la direction de gros projets (scientifiques, industriels, politiques, économiques). En local, cette évolution implique que les bons étudiants soient poussés vers ce diplôme et que ce diplôme soit délivré en local par une « grande » Université bien classée au niveau international du fait de sa recherche. En pratique, cela signifie aussi une continuité entre nos écoles d’ingénieurs et les bons laboratoires.


• Le financement de la recherche a évolué vers un financement sur projet financé par l’Union européenne (exemple des financements de l’European Research Council de plusieurs millions d’euros attribués à de petites équipes) et par l’Agence Nationale de la Recherche. Ces financements sont attribués sur évaluation scientifique et par appel d’offre. Le CV du coordinateur du projet compte souvent pour 25% de l’évaluation du projet. Les chercheurs et labos grenoblois les mieux évalués par leurs pairs voient, du fait de ce nouveau système, leurs financements augmenter fortement. Le « resserrement » du financement vers les équipes les mieux évaluées se traduit aussi par une forte augmentation d’effectifs de ces équipes (chercheurs mais aussi techniciens, gestionnaires). En pratique, cela signifie qu’il est nécessaire d’avoir une cohérence entre ces financements par projets (conditionnés à la reconnaissance des équipes de recherche à l’international) et les investissements de type infrastructure (locaux, grands équipements ).

• Il n’y a pas de frontière claire entre recherche technologique et recherche fondamentale. Les bonnes équipes de recherches sont souvent celles où les contrats industriels sont aussi les plus forts : l’établissement grenoblois (UJF) créant le plus de start-up est naturellement celui qui est le mieux classé du point de vue de sa recherche. La séparation grenobloise actuelle entre l’UJF et l’INPG est illisible et rétrograde (la plupart des bons labos en sciences « dure » du site grenoblois sont d’ailleurs communs aux deux établissements)

Huit Propositions

1 La mise en place d’un suivi de l’évolution de la recherche grenobloise (recensement des projets ANR et ERC financés, suivi des indicateurs de qualité scientifique (évolution du nombre et de l’origine des articles Nature/Science, médailles, récompenses nationales et internationales), suivi du nombre d’emploi créé ces dernières années par les laboratoires grenoblois (permanents, thèses, postdoc…), évaluation du lien industrie-recherche (contrats privés, création de start-up, brevets)

2 La mise en place d’un conseil scientifique de haut niveau associé au PRES évaluant la pertinence « recherche » des investissements Giant et Campus ou les manques d’investissement vers des secteurs dynamiques ou émergents.

3 L’évaluation des taux d’occupation et de la vétusté des locaux des laboratoires A+ (une vingtaine de laboratoires) du site et l’utilisation rapide des financements campus et Giant pour améliorer les locaux de ces unités si les taux d’occupation sont trop élevés ou les locaux de mauvaise qualité.

4 Une politique offensive d’accueil des équipes de recherche voulant s’installer à Grenoble (évaluation par les pairs de la qualité de ces équipes, accompagnement en locaux et équipement et réactivité si les équipes sont bonnes.

5 Un renforcement par les collectivités territoriales des équipes dirigeantes de la future Université de Grenoble par du personnel support (assistants de haut niveau) et le soutien des politiques pour créer cette Université.

6 La mise en place de lieux de réflexion et d’échange sur l’Université

7 La mise en place d’un formulaire de « satisfaction » sur la vie grenobloise (logement, accueil, transport, qualité de vie, comparaison avec les autres sites universitaires) à destination des chercheurs ou doctorants arrivant à Grenoble.

8 Une réflexion sur l’amélioration de l’image de Grenoble vers les jeunes chercheurs (une communauté mobile, aimant la culture, soucieuse d’un développement durable et d’une éducation « internationale de ses enfants) pour contre-balancer les effets d’image négatifs liés à la Rocade Nord, le soutien aux jeux olympiques ou la vétusté de certaines écoles primaires grenobloises.


Compte rendu Samedi 12 sept
4 Innovation : Passé et avenir de Grenoble ? (V. Mangematin)


Nouveauté / Offrir quelque chose que personne d’autre ne peut offrir (Ipod)

Transformer les compétences / Réécrire les règles de la compétition (automobile dans les années 80. Temps de développement)

Complexité / Les difficultés d’apprentissage maintiennent des barrières à l’entrée (pub de compact, Airbus)

Un design éprouvé / Le produit ou le process de base peuvent être étendus au-delà du cycle de vie pour réduire les coûts globaux.

Innovation incrémentale / Mouvement continue d’innovation pour être sur la frontière
cout/performance

Un environnement favorable à l’innovation

Stable (anticipations)
Formation
Décomplexé pour entreprendre
Culture de l’essai/erreur
Brassage des cultures et des compétences
Développement d’une économie de la connaissance sur les différentes dimensions de la créativité
Proposer des réponses qui mettent en valeur l’originalité du site
Culture montagne et hédonisme
Développement durable
Créativité
Université de taille européenne
Grenoble : sa place dans le monde de la science
Une tradition, des questionnements
Une place intermédiaire et des challengers en forte croissance
De fortes questions sur les projets en cours

Grenoble : une place significative au niveau européen, à relativiser au niveau international



Place de Grenoble
........................................Grenoble ...............MIT ......................KIT .............Aalto
-------------------------------------------------------------------------------------------------------
Shanghai ...........................150.......................5........................200-250...........500
-------------------------------------------------------------------------------------------------------
% Etudiants région .............80%.....................5%.......... ..............33%...............35%
-------------------------------------------------------------------------------------------------------
Gouvernance ..........Parapluie...........Une organisation........Fusion............Fusion

...................................Multiple org .......une marque............des univ.....................
-------------------------------------------------------------------------------------------------------
Environnement .....Total région.....25% production..........Place .... ......Important
scientifique .................................région Proximité........centrale........dans la
..............................................................immédiate ..................du KIT..........région
.............................................................Harvard, BU.......................................................
-------------------------------------------------------------------------------------------------------
Emploi en milliers.. ....................500.................2300..........................1400........... 750
---------------------------------------------------------------------------------------------------------
Pib/hab ..........................................28000...............51000.......................32000......... 43300
-------------------------------------------------------------------------------------------------------


Des pistes : économie de la connaissance et science
Une université de taille européenne. Des comparaisons raisonnables pour éviter de penser être ce qu’on n’est pas, créer des attentes inaccessibles
Des pistes sur des spécificités liées aux territoires : Développement Durable, tourismes, innovations sociales, repenser le long terme, etc.
Se positionner sur les prochains enjeux dans l’économie de la connaissance : Transports et nouveaux modèles, Loisirs et DD, Culture et cultures
Des interventions limitées sur les organisations privées


Compte rendu Samedi 12 sept
5 L'action culturelle : la culture face à la crise du lien social (JP Saez)
(Version revue par JPS à partir des notes de Hakima NECIB)



Grenoble est une ville qui possède un héritage culturel emblématique et des ressources artistiques et culturelles variées. Comme toutes les métropoles, elle est confrontée à des défis importants qui témoignent d’un entrecroisement des problématiques locales et mondiales, des enjeux économiques, sociaux, environnementaux, urbanistiques et culturels. Comment l’action publique en faveur de la culture peut-elle adapter ses références, ses réponses à ces nouveaux enjeux ? La question devient d’autant plus cruciale que derrière la crise financière et économique qui a éclaté à l’automne 2008, s’affirme une crise bien plus globale : une crise civilisationnelle qui concerne l’humanité tout entière dans son rapport à elle-même, à la planète, à l’idée de progrès, à l’altérité et à l’équité.

Les phénomènes de métropolisation et de mondialisation produisent des effets lisibles dans la manière dont la ville se transforme : Grenoble est à la fois une ville cosmopolite et multiculturelle. Comment faire de cette réalité une richesse pour la cité, tant en termes de lien social, qu’en termes de développement ou d’attractivité ? Comment faire de la diversité de ce territoire une ressource pour renforcer son unité ?Les grandes villes génèrent des phénomènes de paupérisation et d’exclusion qui mettent en danger la cohésion sociale. Grenoble et son agglomération n’échappent pas à ce risque. Comment éviter la ghettoïsation sociale et culturelle rampante ? Tel est le double bind auxquelles la plupart des grandes villes sont confrontées et qui doit trouver de nouvelles réponses politiques, adaptées au contexte urbain et social d’aujourd’hui. Les Etats ne sont pas les mieux armés pour élaborer des solutions adaptées à cette nouvelle donne. Celle-ci nécessite un management de proximité fondé sur des compétences stratégiques nouvelles et un esprit collaboratif.

La crise du lien social comporte bien des dimensions. Sa racine principale réside néanmoins dans l’exclusion socio-économique. L'individuation de la société est un autre signe de cette crise. Il se manifeste notamment dans le repli sur soi d’une partie de la population, des jeunes en particulier, qui trouvent refuge dans une relation addictive aux technologies de l’information et de la communication. Mais la relation qu’ils construisent avec ces technologies révèle aussi un besoin paradoxal de communiquer, de se relier, en même temps qu’elle traduit un certain malaise, une difficulté à se socialiser dans le monde d’aujourd’hui. Cependant, si les TIC ont pénétré en profondeur l’univers culturel d’une partie de la population, une autre partie de celle-ci apparaît victime de ce qu’il est convenu d’appeler la fracture numérique. Or, dans la société de la connaissance qui advient, la maîtrise des outils numériques est un enjeu capital. Pour compléter l’analyse des mutations culturelles à l’ère numérique, il convient aussi de noter cet « événement » : depuis 2007, le temps d’exposition devant la télévision maque un léger retrait. Ce constat constitue une première depuis que l’on observe le comportement des Français devant la télévision. Mais ce phénomène a un corollaire : c’est l’augmentation du temps d’usage des technologies de l’information et de la communication.

Toutes ces questions bousculent les politiques culturelles et obligent à faire preuve d’imagination et d’innovation pour que le service public culturel s’adapte à cette nouvelle donne. Cela va bien au-delà de la question de la place du livre dans notre culture et du rôle des bibliothèques qui savent au demeurant faire évoluer leurs démarches. Cela dépasse aussi la nécessaire prise en compte des relations nouvelles que le monde de l’art développe avec les TIC et Internet. Demain – mais nous y sommes déjà –il va falloir se poser la question d’une construction plus personnalisée de l’action culturelle, tenant compte de ces évolutions, de ces phénomènes d’individuation et d’exclusion.

D’autres signes manifestent l’évolution des relations à l’art et à la culture. L’appétence intergénérationnelle pour les pratiques artistiques en amateur est l’un de ces signes. La demande en la matière vient de loin : cf. le développement des arts et des cultures urbaines, des musiques actuelles, des pratiques chorégraphiques depuis plus de 20 ans. Loin de se réduire à un effet de mode, les pratiques artistiques amateur représentent à la fois un chemin de construction de soi et la promesse de rencontre avec l’autre. Elles sont un enjeu d’affirmation de l’autonomie individuelle, de formation de la sensibilité et de sociabilité non négligeable.

Concernant les pratiques culturelles, d’autres traits marquants méritent d’être mis en évidence, tout particulièrement dans le contexte de la crise actuelle. L’automne 2008 s’est en effet traduit par une intensification de la fréquentation des lieux culturels : théâtres, musées, cinémas… au moment même où les indicateurs économiques et sociaux viraient au rouge. Soubresaut conjoncturel ou manifestation d’un besoin de sens dans un monde en manque de repères et de dessein collectif ?

Sans négliger les efforts entrepris et les succès engrangés, qui situent d’ailleurs les pratiques culturelles des Grenoblois à un niveau sensiblement plus élevé que ce qu’indiquent les moyennes nationales dans toutes les disciplines observées, il faut bien reconnaître la dimension structurelle des inégalités d’accès à la vie artistique et culturelle. À cet égard, il faut se garder des diagnostics simplistes ou de la tentation de la tabula rasa consistant à ne rien retenir des acquis longuement construits. Une partie de la solution à ces inégalités réside dans une écoute de la demande culturelle d’une part, une autre partie dans la multiplication les stratégies résolues et patientes d’élargissement des publics. Cela passe par des actions ciblées, de proximité, des politiques tarifaires audacieuses, un travail d’information et de communication plus complexe, une place plus grande accordée à la médiation artistique et culturelle et donc des compétences et des moyens adaptés à cet objectif. Aucune de ces réponses n’est suffisante. C’est en approfondissant leur articulation et le travail de coopération transversale au sein du milieu culturel, entre ce milieu et les autres composantes de la ville que l’on parviendra à aller au-delà des lignes actuelles. Cependant, si l’on veut inscrire l’objectif de démocratisation et de démocratie culturelle dans la longue durée, cela ne se fera pas sans que l’éducation artistique et culturelle ne devienne une priorité de l’action culturelle publique des prochaines années. De ce point de vue, l’objectif à se fixer pourrait être, à l’horizon 2020, que tous les enfants de l’agglomération, de la maternelle à l’université se voient proposer des parcours artistiques et culturels récurrents dans les différents domaines de l’art et de la culture. Voici en tous cas le moyen le plus sûr d’impliquer tous les enfants d’une classe d’âge, quelle que soit l’origine sociale de chacun. Cela ne garantit pas une participation culturelle active de tous sur toute une vie, mais cela peut contribuer à contrarier les lois d’airain qui continuent de marquer les pratiques culturelles. Si la lucidité appelle à ouvrir davantage les politiques culturelles à ces enjeux, il ne faudrait pas non plus leur faire porter le poids d’un échec de la démocratisation dont les causes principales résident dans la structure inégalitaire de la société.


L’échelle communale ne saurait suffire à porter une telle ambition. Elle concerne tout le territoire de l’agglomération qui constitue – pardon pour cette évidence - le territoire de vie des habitants. Il s’agit à cette échelle de concilier des politiques de proximité et des politiques de mobilité. L’exclusion sociale se traduit d’abord par une auto-assignation d’une partie des habitants à leur quartier. À travers cet enfermement s’exprime la distance symbolique qui se creuse entre les différentes parties de la population de l’agglomération. Une politique culturelle métropolitaine pourrait assumer cette volonté de contribuer à la mobilité du plus grand nombre dans l’espace artistique et culturel métropolitain. À condition d’aller vers la définition d’un intérêt commun dans ce domaine et de dépasser les stratégies de chapelle qui ne correspondent pas aux logiques de vie des habitants. On remarquera au passage que l’agglomération grenobloise est l’une de toutes dernières en France à ne pas se poser la question de son rôle en matière culturelle, à ne pas imaginer comment elle pourrait être subsidiaire dans ce domaine, contrairement à Montpellier, Rennes, Annecy par exemple où cette réflexion marque quelques avancées significatives. C’est presque un comble au regard de l’histoire de ce territoire et de la place que la culture a occupé dans sa représentation. Désormais, même les communautés urbaines, plus en retard jusqu’à présent que les communautés d’agglomération dans le champ culturel, s’avancent de plus en plus nettement sur ce terrain. C’est le cas de Toulouse, de Lyon ou de Lille notamment. Cela exige à tout le moins un diagnostic sans complaisance de l’aménagement culturel du territoire et un peu d’imagination et d’audace pour concevoir la plus value culturelle que pourrait incarner la métropole. Du moins une métropole digne de ce nom. À ce propos, lorsqu’on observe le développement des villes d’Europe, force est de constater la place essentielle accordée à la culture dans le projet métropolitain : Glasgow, Liverpool, Cologne, Barcelone, pour citer quelques exemples de ville non capitales, ont fait résolument ce choix. Comment ne pas remarquer au passage que de très nombreuses villes d’Europe se disputent le titre de « capitale culturelle européenne ». Ces candidatures sont mûrement réfléchies et pensées pour accompagner le développement global du territoire. Le propos ici est surtout de montrer que la culture est de plus en plus conçue comme un élément majeur d’un grand projet urbain.

Cependant, une action culturelle tournée vers l’avenir pourrait-elle aujourd’hui se concevoir sans incorporer les exigences d’un développement durable ? Un agenda 21 métropolitain pour la culture permettrait de recomposer de manière dynamique le projet culturel local. Il ne s’agit pas seulement d’assumer les impératifs écologiques dans le champ culturel, mais de créer les conditions d’une meilleure interaction entre les enjeux culturels, éducatifs, sociaux, urbanistiques, économiques, de montrer une attention plus raisonnée à la diversité culturelle, à une participation citoyenne à la vie culturelle, à la pérennisation de l’emploi artistique et culturel, de faire une place systématique aux jeunes générations et à leur esprit d’innovation, de mieux comprendre l’apport de la création artistique à la vitalité du territoire, de considérer concrètement l’intérêt de l’éducation artistique dans la formation des citoyens de demain, d’inventer une forme de gouvernance qui privilégierait les logiques collaboratives aux logiques de management verticales et bureaucratiques. Il s’agirait également d’être toujours plus soucieux de l’humanisation de la ville, de la qualité de son ambiance, des entrées de ville au cœur des quartiers. Puisque dans l’exercice de prospective auquel nous nous livrons tout est permis, cela pourrait conduire à une charte de citoyenneté urbaine qui solidariserait toutes les communes de l’agglomération entre elles et avec les autres collectivités publiques et les commerces concernés en vue de produire un environnement aussi esthétique qu’écologique.

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Afin de renouveler le dialogue entre le monde de l’art de la culture et décideurs publics, afin d’éviter les situations propices au clientélisme, un conseil des arts composé de personnalités indépendantes pourrait être institué. Il n’aurait pas pour mission de piloter l’action culturelle de la métropole mais d’éclairer les choix, de susciter des évaluations, de développer une faculté de médiation territoriale. Parallèlement, la politique métropolitaine d’éducation artistique pourrait trouver un relais opérationnel efficace à travers un centre de ressources porteur de cet enjeu et chargé de stimuler la coopération et de faire circuler l’information entre écoles, lieux sociaux et structures artistiques et culturelles.

Dans une métropole où la science, l’université, la recherche et les arts ont toujours eu vocation à se côtoyer, il reste à créer les conditions de leur rencontre permanente. Diverses manifestations y travaillent déjà. Et si cela donnait lieu demain à la mis en œuvre d’une université de la créativité, de vocation autant locale qu’internationale ?



Lorsqu’on observe la panoplie des structures culturelles existantes dans les villes, on s’aperçoit que ce qui fait le plus défaut, ce sont des structures légères, telles que des ateliers ou des plateformes de production artistique. L’agglomération grenobloise manque de ce type de lieux, à l’instar des fameuses Maisons folies qui ont fleuri sur le territoire lillois depuis 2004. Importants pour régénérer la création artistique, de tels espaces de travail peuvent aussi contribuer à la dynamisation de la vie de quartier. Puisqu’il nous faut imaginer le Grenoble des années 2020, imaginons alors une pure folie : un pont des arts au-dessus de l’Isère, une suite d’ateliers sur un Rialto grenoblois. Ouverts à la visite le dimanche, ils risqueraient non seulement de devenir le RV de la jeunesse mais aussi d’attirer les balades familiales, ou pire des touristes subjugués par cette curiosité. Finalement l’idée est-elle bien raisonnable ?


Compte rendu Samedi 12 sept
6 Paroles prononcées au cours du débat, d’après enregistrement, choisies par Olivier Truche


« Des pôles de coopération plutôt que des pôles de compétitivité »
« Pour réussir 2020, Grenoble doit réussir dans l’immédiat »
« Il faudrait des diplômes transversaux, que les étudiants puissent piocher à travers les trois universités »
« Absence de la question du type de salariat que l’on veut dans les années futures »
« En caricaturant, on a l’impression que Grenoble en 2020 ce sera des scientifiques de très haut niveau, et des services d’aide à la personne »
« Quels sont les secteurs d’activité déjà existant ou qui vont se créer, qui soutiendront le gros de l’emploi »
« Il faut développer la capacité de ce territoire à être en mouvement, d’être démonstrateur »
« L’orientation professionnel ou scolaire tout au long de la vie ne peut réussir qu’en supprimant les cloisonnements, l’éducation nationale ne peut pas réussir seul »
« On parlait du danger d’arroser un peu partout dans le sable et de trop se disperser, il y a aussi un danger à n’arroser que là où c’est mouillé » [à propos des choix de financement pour soutenir tel ou tel laboratoire de recherche]
« Il faut développer une recherche et une innovation à visée sociale »
« Il faut inventer, construire, consolider des formes de démocratie participative…comment un citoyen pourrait faire partie du processus de décision »
« Il y a des créations d’emploi possible dans le monde rural, et pas uniquement autour de la montagne comme lieu de loisir »
« Le problème c’est que si c’est la droite qui propose quelque chose dans l’intérêt général de la nation, la gauche est contre, et si c’est la gauche qui propose quelque chose, c’est la droite qui est contre, ce qui fait que nous n’avançons pas »
« En 2020 on commencera à préparer plus sérieusement 2050 »
« Les présidents d’université ne sont ni des bons chercheurs, ni des bons manageurs »
« Sur le campus, les universités se côtoient, il n’y a pas vraiment d’interaction. Dans les pays nordiques un séminaire d’ethnologie et un séminaire en science quantique se retrouvent sur le même panneau d’information»
« Il faudrait remplacer les agents de communication par des évaluateurs »
« La région grenobloise ne se sert pas assez des compétences et des chercheurs qu’elle a »
« Il faut se méfier des mots, société des connaissances comme si nos ancêtres étaient des ignorants, pôle de compétitivité comme si on était au milieu d’un océan de médiocrité »
« Il y a une plante qui pousse très bien à Grenoble c’est le cocorico »


Annexe POUR UN PROJET EDUCATIF D’AGGLOMERATION
Daniel BLOCH


25 Mars 2004, Commission « Potentiel humain », Conseil de Développement de Grenoble - Alpes-Métropole.


Le rôle de l’Etat en matière d’Education est relativement bien connu dans notre pays où le caractère national de l’Education est garanti par l’unicité des programmes, des diplômes, par des dispositifs homogènes de recrutement et de promotion des enseignants, par son contrôle sur la nomination et les carrières des personnels de direction et d’inspection, et où l’égalité est en principe assurée par une péréquation des moyens entre les territoires, péréquation prenant appui sur des critères démographiques et sociaux. Au premier abord, les fonctions attribuées aux collectivités territoriales apparaissent comme relativement ancillaires.

Il s’agit ainsi :

- pour les Communes de prendre en charge les locaux: des Ecoles maternelles et élémentaires et leur entretien, les cantines, les manuels scolaires et des matériels pédagogiques, d’intervenir dans les questions relatives aux cartes scolaires, mais aussi dans le périscolaire, à travers notamment les contrats éducatifs locaux.

- Pour les Départements, l’essentiel des interventions s’effectue au niveau des Collèges qu’il faut construire, équiper, maintenir en bon état, auxquels il faut attribuer des crédits de fonctionnement et des équipements. Le Conseil Général a également à sa charge le ramassage scolaire. Il devra gérer à terme des personnels techniques et de services employés dans les Collèges.

- Quant aux Lycées, c’est la Région qui les construit et assure leur maintenance lourde et qui leur fournit l’essentiel de leurs crédits de fonctionnement et d’équipement. C’est également la Région qui détermine le schéma de développement des enseignements professionnels qui, pour autant qu’il implique des investissements lourds oblige, de ce fait, les autorités académiques à en respecter sinon les détails, tout au moins les grandes lignes. C’est la Région qui devrait, à terme, également prendre en charge la plupart des personnels techniques et de service faisant fonctionner les Lycées.

Cette description découle des lois de décentralisation, ou lois Deferre, du début des années 80, même si, en ce qui concerne les Ecoles, ce dispositif est constitutif de leur création même. Elle a l’avantage de la clarté, encore qu’elle a laissé de côté des dossiers depuis lors traités avec plus ou moins de bonheur, comme celui des installations sportives, pour lesquelles il n’y a pas de chef de file désigné.

Quant aux Enseignements Supérieurs, s’ils relèvent en principe seulement de l’Etat, en réalité des mécanismes de contractualisation, et notamment le contrat de Plan Etat-Région, mais aussi de subventions d’autres natures, conduisent à ce que les communes, les départements et les régions contribuent aussi aux constructions, voire même à certaines dépenses de fonctionnement.

La question du périscolaire mérite d’être introduite dans le débat. Le périscolaire constitue un vaste ensemble flou ou un empilement, mais qui a l’avantage de permettre des rencontres entre les divers services de l’Etat présents sur les territoires, les collectivités territoriales concernées et le monde associatif. On peut ainsi distinguer les Contrats Educatifs Locaux, les volets Education des Contrats de Ville, des GPV ou des Contrats Locaux de Sécurité ou encore les Contrats de temps libre (CTL) mis en place par les Caisses d’Allocation Familiale, les Contrats Locaux d’Accompagnement scolaire CAF-FASILD (Fonds d’action sociale pour l’insertion et la lutte contre les discriminations) sans compter les Contrats de réussite des ZEP et REP, initiés par l’Education nationale, mais aussi les réseaux d’aide parentale (REAP), sans compter les classes à Projet Artistique et Culturel (PAC). C’est sans doute une richesse. Mais personne n‘a une vue véritablement d’ensemble.


POUR UNE COHERENCE TERRITORIALE

Ce dispositif dans ses volets scolaires et périscolaires, présente un défaut majeur, qui ne peut être corrigé par l’action de l’Etat seul: une absence de vision cohérente, globale, de fonctionnement du dispositif. Chacun n’en connait qu’une tranche alors que le parcours des élèves les traverse toutes ou presque, et que l’essentiel, c’est bien leur réussite. On consacre beaucoup de temps et d’énergie aux procédures, mais insuffisamment à la définition des objectifs et des méthodes et à l’évaluation.

Ainsi c’est bien d’abord à travers les parcours des élèves que l’on peut, en première approche, juger de la qualité d’une politique éducative. Or l’Etat lui-même n’a qu’une connaissance très approximative, très incomplète et très moyennée de ces parcours : les enseignements supérieurs relèvent d’une gestion très centralisée, les lycées d’une gestion académique, les collèges du niveau départemental et ses écoles de celui des circonscriptions, avec entre ces niveaux des cloisons dont la perméabilité administrative est très limitée, à l’inverse de ce qu’elle est pour les élèves qui les traversent beaucoup plus naturellement, même si c’est quelquefois pieds et mains liés, sur des parcours plus implicites qu’explicites.

De plus les caractéristiques de ces parcours ne sont pas identiques à Paris et à Lille, à Grenoble-Centre ou à Teysseire. Ce n’est que par un dialogue entre l’Etat et des collectivités territoriales que ces caractéristiques locales pourront être mieux cernées permettant ensuite de donner davantage de pertinence et de cohérence aux actions menées par les uns et par les autres et par là des chances de réussite accrues pour chacun des élèves. C’est la condition aussi à réaliser pour, en mettant en regard la portée des actions et leurs coûts et en demeurant dans le champ réaliste et borné des moyens dont on dispose, et que l’on ne peut en conséquence utiliser en aveugle, garantir l’efficacité des ressources disponibles.

Pour l’Education nationale, ce n’est pas renoncer à ses responsabilités que d’accepter de construire avec d’autres, pour mieux identifier les besoins, pour mobiliser plus efficacement, mieux articuler les ressources, travailler davantage sur l’essentiel en agissant ensemble dans la durée afin de pouvoir convenablement évaluer les résultats des actions entreprises.

Nous fournirons des exemples qui montrent l’intérêt potentiel de cette approche longitudinale (les parcours) et locale (les territoires), et notamment des exemples qui esquissent ce que pourrait être la contribution d’une Agglomération, donc d’un territoire qui n’a pas de responsabilité particulière ni sur l’Ecole, ni sur le Département, ni sur les Lycées en tant que lieu de construction de cette cohérence territoriale manquante, en tant que brique indispensable, mais trop souvent manquante, dans la construction d’une politique de la ville dont Grenoble pendant longtemps été à le héraut, et pour laquelle, par cette entrée, elle peut reprendre l’initiative.

Cette vision de l’Education comme partie intégrante d’un projet d’agglomération est aussi proposée comme source d’une approche davantage citoyenne, efficace et responsable, moins individualiste ou corporative ou consumériste des questions relatives à l’Education.

La réflexion sur ce concept de projet éducatif d’agglomération, intégrateur, pourrait être un axe important du travail du Conseil de développement. Et sa mise en œuvre permettrait de positionner Grenoble, dans ce domaine aussi des politiques éducatives, comme un haut lieu d’innovation et d’expérimentation.

Afin de donner sens à ce concept, il est décliné plus loin sous forme de 10 propositions dont la mise en œuvre impliquerait bien sûr l’Education nationale, mais aussi les diverses collectivités territoriales concernées.

Ce concept et les propositions ne développés ci-dessous n’ont d’autres ambitions que de constituer une base de réflexions. Il s’agit de les discuter, de les amender, de les valider ou de les invalider.

INNOVER, EXPERIMENTER : 10 PROPOSITIONS

Les propositions qui suivent ne sont évidemment pas exclusivement centrées sur l’accès des jeunes à l’emploi, mais cet accès en constitue un des aspects essentiels.

Il importe en effet de relancer les volets de la politique éducative visant à réduire la proportion de jeunes sortant sans qualification, car on sait que leur avenir professionnel et social est très compromis. Et il s’agit bien de reconsidérer assez fondamentalement cette question, car depuis 8 à 10 ans, le compteur des sorties sans qualification est bloqué sur 8%.

Tout d’abord, si 8 % des élèves sortent sans aucune qualification, il faut aussi prendre attentivement en considération les 12 % d’élèves qui sortent avec une faible qualification, c’est-à-dire sans un diplôme professionnel. Il y a ainsi 20 % de "sans-diplômes". Ces « 12 % » supplémentaires dont on dit qu’ils ont « le niveau du CAP » rassemblent tous ces élèves qui passent le CAP, ou un BEP, mais qui ne l’obtiennent pas. Figurent également dans cette catégorie les élèves qui sortent de l’Ecole avec seulement le brevet du Collège. Il faut là aussi une nouvelle politique pour les conduire non pas « au niveau » d’un CAP ou d’un BEP, mais bien pour les conduire à la réussite à ces diplômes

Il faut à la fois des actions de prévention, mais aussi une stratégie de soins.

Et la première action de prévention doit se dérouler sur le terrain de l’Ecole primaire, avec l’objectif que tous les élèves qui accèdent au Collège puissent profiter pleinement des enseignements qui y sont dispensés. Ce n’est pas aujourd’hui le cas. Il faut examiner à cet égard avec beaucoup d’intérêt les travaux de recherche dont nous a fait part le Dr Michel Zorman, Médecin conseiller du Recteur, travaux qui établissent que s’il y avait une action nouvelle et probablement très efficace à entreprendre, elle devrait être centrée sur l’école pré-élémentaire, c’est-à-dire sur l’Ecole maternelle. Cette action consisterait après avoir repéré chez les enfants de 3 à 5 ans, avant l’entrée en classe préparatoire, les difficultés d’expression orale, à chercher à les résorber par des activités impliquant de leur part de l’écoute, mais aussi une expression orale exigeante en qualité. Si ces difficultés ne sont pas résolues avant l’entrée en Cours Préparatoire, et plus particulièrement lorsque ces enfants relèvent des familles les plus en difficulté, les dommages, y compris au niveau de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, seront pour une large part irréversibles.

Pourquoi pas, à Grenoble, ce sera la première proposition, chercher à expérimenter à grande échelle, sous la conduite des autorités académiques, avec l’aide de communes volontaires et concernées, et sous la responsabilité scientifique de l’équipe de recherche à laquelle le Dr Zorman participe (CHU-IUFM), de tels dispositifs de prévention de l’échec scolaire, notamment dans le cadre du GPV, mais aussi dans un certain nombre de ZEP/REP qui y sont extérieures. Cette expérience mérite que l’on recentre, que l’on redéploie pour la conduire à bien les forces de frappe disponibles, les quelques rares enseignants surnuméraires de ZEP, des enseignants de l’AIS, même s’ils sont peu nombreux, mais aussi avec des Aides-éducateurs et Assistants d’Education et des membres d’Associations qui se consacrent au soutien scolaire.

Mais l’on ne peut tout attendre de l’Ecole, d’une politique de » prévention, en restant les bras croisés au Collège. Certes les élèves qui sortent sans formation du Collège sont d’abord des élèves qui y sont rentrés déjà en grande difficulté après avoir souvent déjà redoublé une classe à l’école primaire. Mais tout n’est pas perdu. Et il ne faut pas attendre que les années se passent avec de nouveaux redoublements, et la sortie « dans le vide » à l’age de la fin de la fin de la scolarité obligatoire. La mise en place de dispositifs spécifiques en classe de quatrième et surtout la possibilité de poursuites d’études après la classe de quatrième dans une classe de troisième préprofessionnelle implantée en lycée professionnel, conduisent à moins de redoublements et à des pronostics infiniment plus positifs. Des expériences concluantes ont déjà été effectuées. Il faut s’emparer de leurs résultats. C’est la deuxième proposition. Elle s’adresse aux autorités académiques, mais aussi à la Région. Il s’agit de développer sur l’agglomération des classes de troisième en lycée professionnel. En elle-même, cette proposition, si elle est mise en oeuvre et pour autant qu’elle s’accompagne aussi d’un réactualisation de la carte des CAP en lycées professionnels et en CFA, est susceptible de réduire rapidement de près de moitié la proportion de jeunes sortant sans diplôme ou sans formation professionnelle de premier niveau.

On sait par ailleurs que très souvent des Collèges des quartiers les moins favorisés, même s’ils disposent de quelques moyens supplémentaires, ne parviennent pas à élever le niveau des élèves autant que les équipes éducatives le souhaiteraient, car s’il existe des chances de réussite pour des élèves en difficulté lorsque ceux-ci ne sont pas trop nombreux, ou concentrés dans une même classe, la densité des difficultés constitue souvent un obstacle difficilement surmontable. Ce phénomène est encore amplifié par les mécanismes de fuites scolaires des élèves des familles en moindre difficulté qui cherchent à éviter ces Collèges, en tournant les dispositifs de carte scolaire, ou par des inscriptions de leurs enfants dans l’enseignement privé, où le concept de carte scolaire n’existe pas. La troisième proposition : prendre appui sur la baisse du nombre de jeunes en centre ville pour tenter une expérience, à savoir fermer un Collège de ZEP en couronne urbaine pour répartir les collégiens dans des collèges de Centre Ville (affirmative action, busing) et examiner l’évolution des connaissances et compétences des élèves dans un environnement standard et dans l’environnement qui résulterait de cette expérimentation.

De la même manière, et pour introduire le débat, je proposerai trois priorités pour le Lycée, l’une pour le Lycée professionnel et deux pour le Lycée d’enseignement général et technologique.

En ce qui concerne le Lycée Professionnel, cette proposition fait suite à un constat. Désormais, notamment, mais pas seulement dans le tertiaire, le Brevet d’Etudes Professionnelles n’est plus, ou presque, un diplôme permettant d’accéder à un emploi. En conséquence, tous les élèves après avoir obtenu un BEP doivent logiquement poursuivre leurs études en vue, pour la majorité d’entre eux, d’obtenir un baccalauréat professionnel, mais aussi pour certain un baccalauréat technologique. Hors, à Grenoble, le nombre de places disponibles en première année de préparation du baccalauréat professionnel est nettement inférieur à celui des candidats qui, à bon droit, auraient souhaité y accéder. Ce taux de pression, sur l’agglomération, est voisin de 2 en secrétariat, en commerce, en vente comme en comptabilité. Mais il atteint aussi 2 en installations et équipements électriques ou encore en maintenance ou en mécanique des véhicules automobiles, dépasse 2 en installations énergétiques, atteint 7 en réseaux informatiques. Même si certains élèves ne vont pas jusqu’au bout de leur projet, il reste une marge considérable de demandes réellement insatisfaites. D’où la 4ème proposition :viser à un nouveau droit pour les élèves ayant réussi un BEP, le droit de pouvoir des études en vue de la préparation d’un baccalauréat professionnel en ligne avec le BEP obtenu. Cette proposition devrait conduire à une réduction très significative du nombre de jeunes sans emploi à l’issue du BEP. On notera d’ailleurs que si l’Académie de Grenoble constitue l’une des meilleures élèves en ce qui concerne la proportion de jeunes conduite jusqu’au baccalauréat, c’est en dépit des performances très moyennes de l’Isère. Le développement insuffisant du baccalauréat professionnel est très largement à l’origine de ce positionnement insatisfaisant.

La cinquième proposition concerne l’orientation des jeunes vers les baccalauréats scientifiques et technologiques. Grenoble, ville de Sciences et de Techniques devrait se caractériser par un taux d’orientation particulièrement élevé des élèves vers les baccalauréats scientifiques et techniques. Là encore des expérimentations, simples et peu coûteuses, sont réalisables afin de faire croître de façon significative ce taux d’orientation. Parmi les principales, le jumelage de classes de troisième de Collège avec des Lycées, afin qu’une partie de la formation scientifique prenne place au Lycée, un développement des capacités d’accueil en options de sciences et de technologie en classe de seconde mais aussi quelques moyens de soutien aux lycées qui accepteraient davantage d’élèves en première scientifique Un tel dispositif a prouvé, ailleurs, sa pertinence. Pourquoi ne pas tenter de le mettre en place aussi à Grenoble, ville où l’Université est susceptible d’apporter sa contribution en matière de conception de dispositifs expérimentaux à mettre à disposition des élèves de Collège accueillis dans les Lycées, et où le CCSTI et le CRDP sont bien armés pour également apporter leur soutien aux enseignants. L’objectif : conduire un tiers des élèves de seconde en première scientifique.

La sixième proposition concerne l’accès des bacheliers technologiques, et plus particulièrement des bacheliers des séries tertiaires aux BTS tertiaires. Il y a symétrie entre l’accès à la préparation d’un baccalauréat professionnel des élèves titulaires d’un BEP et l’accès à une préparation au BTS des élèves titulaires d’un baccalauréat technologique. En effet le baccalauréat- technologique n’est pas conçu pour être un diplôme d’accès à l’emploi, à la différence du BTS. Or là encore de trop nombreux titulaires d’un baccalauréat technologique se voient refuser l’accès en BTS (et plus encore en IUT), et poursuivent des études dans des formations qui ne correspondent pas nécessairement à leurs vœux, souvent hors de l’enseignement public, et avec des chances de réussite limitées. Le taux de pression sur Grenoble est ainsi voisin de 4 pour les BTS du domaine de la production et de 8 à 9 pour le secteur des services. Il est clair que tous les bacheliers technologiques devraient pouvoir se voir offrir une place en BTS (ou en IUT). Il y va de la crédibilité de la voie technologique. Mais c’est aussi un élément essentiel en matière de promotion sociale. Car si l’ascenseur social n’est pas encore arrivé à l’étage de l’Ecole polytechnique, il est arrivé à l’étage des BTS ou des IUT. Mais encore faut-il qu’il y ait suffisamment de places dans l’ascenseur.

La septième proposition a un caractère transverse. Elle est essentielle si l’on veut bien mettre en avant le fait que l’Ecole ne peut voir sa fonction limitée à l’inaccessible adéquation immédiate entre l’emploi et la formation. Cette proposition consiste à contribuer à développer les publics des Etablissements et Institutions culturelles par un travail en amont, au niveau scolaire. Il s’agit là encore sans doute du niveau optimum d’action pour une politique visant à démocratiser l’accès aux Cultures. Le support pourrait être, à l’Ecole, au Collège comme au Lycée, les classes à projet artistique et culturel (« classes à PAC »), suivant le concept introduit par J.Lang. Ces classes dont le développement a été cassé, et l’existence remise en question récemment non sur des questions de principe, mais par assèchement des moyens qui leur étaient consacrés, ont prouvé leur intérêt. Il s’agit de dispositifs « consommant » de 20 à 25 heures sur une année, et dans lesquels entrent les écoliers une fois lors de leur parcours à l’Ecole, les Collégiens également une fois et les lycéens, et d’abord les lycéens des lycées professionnels, une troisième fois. Encadrés par des enseignants, et pas nécessairement par des enseignements des domaines artistiques, ils rentrent en contact direct et personnel, sur place ou à l’extérieur avec des artistes du spectacle vivant, avec des œuvres figurant au patrimoine et avec leurs conservateurs, avec des peintres et des sculpteurs, avec des musiciens …suivant des projets construits par l’Ecole, le Collège ou le Lycée, et qualitativement validés par un groupe d’experts, contenant notamment des experts de la DRAC. Ce volet peut être utilement complété par des actions concernant la culture scientifique et technique, où symétriquement les relations à développer sont des relations directes entre les élèves et les Etablissements et personnels dont les activités relèvent des sciences et des techniques. Le CCSTI/Cité de l’innovation peut constituer, associé au CRDP, un opérateur de qualité pour porter de telles actions, qui profiteraient là encore d’un engagement significatif des collectivités territoriales concernées.

Les trois dernières propositions concernent les enseignements supérieurs longs, l’Université. L’Université de Grenoble n’est pas en excellent état. L’Académie exporte plus de bacheliers qu’elle n’en importe (25ème pour son attractivité sur l’ensemble des 30 Académies DOM/TOM inclus). Avec la même population et avec le même nombre de bacheliers que dans l’Académie de Lyon, elle ne compte que 85 000 étudiants dans ses formations post-baccalauréat, à comparer aux 140 000 de Lyon. Elle court un risque, même s’il ne s’agit aujourd’hui encore que d’un risque, de « départementalisation », son champ de recrutement se limitant progressivement au Sud-Isère. Il importe donc de réagir par des mesures conduisant à en faire un pôle d’attractivité internationale forte. Et cette attractivité internationale protégera du risque local de départementalisation.

Il s’agit donc, et c’est la huitième proposition, tout d’abord de favoriser l’émergence d’une image cohérente de l’ensemble formé par nos quatre Universités. Vu d’au-delà de l’hexagone, chacune de nos Universités apparaît aujourd’hui davantage comme une Faculté, compte tenu de leurs spécialisations respectives, que comme de véritables Universités. Il s’agit donc de soutenir le projet de « Grenoble-Universités », qui se substituera aux dispositifs de coopération interuniversitaire actuels : Conférence des Présidents d’Université, Pôle européen, CADUAG…Il s’agit, au-delà de politiques communes à conduire dans le secteur de l’International, des sports, de la culture, de la santé, de la vie des étudiants, de progressivement dépasser le concept de services communs pour davantage s’engager vers le concept de projets communs, et notamment de projets interdisciplinaires (exemple : Maison des écoles doctorales européennes, Institut de l’eau et de l’environnement, Maison de Grenoble-Universités…).

Même si Grenoble apparaît, grâce à l’Université J. Fourier, dans les 200 premières Universités internationales (classement de Shangaï), il n’en demeure pas moins que son positionnement est loin d’être satisfaisant. Il faut remarquer d’ailleurs qu’aucune Université française n’apparaît au niveau des 50 premières. Cette visibilité à longue distance des Universités résulte essentiellement de la qualité et de l’importance de leurs activités de recherche. La visibilité des Universités françaises est réduite notamment du fait de l’existence spécifique, à ses côtés, de nombreux organismes de recherche n’ayant pas la double fonction enseignement et recherche. La neuvième proposition se déduit de ses remarques. Il s’agit de favoriser les opérations mixtes grands Etablissements de Recherche-Université dès lors qu’il s’agit de soutenir des opérations de recherche scientifique ou technologique, en veillant à ce qu’elles se traduisent (ex. Minatech, Nanobio,…) par des coopérations portant sur leurs activités de recherche, mais aussi à ce qu’elles aient des retombées significatives en matière d’enseignement supérieur. Il ne faut pas laisser s’installer d’un côté une recherche professionnelle et de l’autre un enseignement supérieur seulement scolaire. Les deux en périraient.

La dixième et dernière proposition se rapporte aux conditions d’accueil à Grenoble des étudiants extérieurs à cette ville, et aussi des enseignants et chercheurs étrangers. Sans une amélioration significative qualitative et quantitative de ces capacités d’accueil, l’avenir des enseignements supérieurs à Grenoble serait compromis. Il s’agit d’examiner la question dans sa globalité, en ne se limitant pas à la question du logement social.
Autant la concentration des moyens d’enseignement et de recherche sur les deux campus de Grenoble (Campus dont CHU) et polygone L. Néel s’impose, afin de donner sa chance à l’interdisciplinarité et à l’adaptabilité, autant la question du logement étudiant et chercheur peut être traitée de façon relativement déconcentrée et dispersée.
Le logement étudiant peut s’intégrer, dans les mois prochains, dans le périmètre de compétence de la Métro, ce qui devrait conduire à une accélération des programmes de remise à niveau et de développement de l’accueil sur le site de Grenoble. Cette intervention est cohérente avec celle déjà effectuée au niveau de la vie étudiante (EVE, sur le campus). Elle devra prendre en compte l’ensemble des étudiants et élèves des dispositifs post-baccalauréat présents sur le site. Et il serait utile qu’elle prenne place dans le cadre là encore élargi de ce la « vie étudiante » à Grenoble.







Rédigé par le Mercredi 14 Octobre 2009 à 14:54 | Commentaires (0)