De nombreuses réunions publiques ont été organisés (ces élus ne sont jamais venus !). Ils étaient absents à la remise des diplômes Honoris Causa UJF (la semaine dernière) où étaient invités de très grands chercheurs (dont une médaille Field). Ils étaient absents à la réunion des CA des Universités réunis pour la première fois il y a un mois. Leurs absences et l'absence des membres de CA de l'IEP et de G-INP étaient pourtant un signe clair, donné à la France universitaire, de la division grenobloise et de l'absence d'intérêt de beaucoup d'élus (pas tous heureusement une élue de Go était présente ce jour là) pour ce projet d'Idex.
Nous avions par ailleurs échoué il y a quelques mois sur l'appel d'offre national des SATT (innovation) et sur l'appel d'offre lié aux énergies de demain (IEED). Nous savions donc que notre stratégie globale était faible et que le modèle défendu par Grenoble était en décalage par rapport à la vision des jurys composés de chercheurs internationaux.
Le choix du jury est logique et attendu :
- les grand campus de demain seront pluri-disciplinaires (or à Grenoble nous nous focalisons sur certaines disciplines comme les nanos en oubliant les champs disciplinaires
grenoblois les mieux évalués dans les classements internationaux comme par exemple les sciences de l'environnement),
- dans le monde la coupure française entre Universités et écoles n'existe pas et donc les projets ayant réussi à faire évoluer cette pratique rétrograde franco-française ont été favorisés (alors qu'à Grenoble nos écoles ont refusé d'évoluer),
- les grandes Universités de demain sont autonomes dans leur recherche (alors qu'à Grenoble nous restons très soumis aux choix d'organismes nationaux non universitaires),
- le projet grenoblois mettait en avant l'innovation alors que les grandes universités mondiales s'appuient d'abord sur une recherche fondamentale forte et disciplinaire,
- le projet grenoblois mentionnait de manière incantatoire un modèle grenoblois unique ( " un écosystème" ) en oubliant que de nombreux autres sites universitaires ont fortement
progressé sur le lien avec les entreprises et que le dossier manquait d'élément quantitatifs précis sur ce point,
- les Universités qui ont gagné avaient un soutien fort de leurs politiques alors que localement nous soutenons surtout des projets comme Minatec ou Giant qui sont incompréhensibles pour les membres internationaux des jury,
- les politiques grenoblois et leur communication ne se sont jamais vraiment appropriés le concept de " l'Université de Grenoble ". Par exemple, Le mot CEA a été cité 47 fois ces
6 derniers mois dans les Nouvelles de Grenoble, le mot Université 14 fois le mot étudiant 5 fois…
De l'amertume oui, mais pas de surprise...
Fabrice Cotton
Enseignant-chercheur grenoblois.
Membre du CA de GO Citoyenneté