Depuis que nous sommes élus*, les orientations en matière de logement ont évolué. Nous sommes passés d'une politique principalement axée vers le logement social à une politique plus équilibrée intégrant les deux composantes : le parc public et le parc privé.
La cohérence en matière d’habitat n’est envisageable qu’en intervenant sur tous les maillons de la chaîne du logement : les différents type de locatif social (PLAI**, PLUS**, PLS**) eux-mêmes liés aux niveaux de ressources des ménages ; l’accession à la propriété ; le locatif libre. C’est ainsi que l’on peut favoriser la mixité de l’habitat et de la population. Cette orientation choisie par la ville se traduit par des actions concrètes aussi bien sur le parc public que privé.
Concernant le parc public, nous avons programmé un renforcement des constructions neuves, avec 20 à 35% de logement social prévu dans toutes les opérations à venir. Depuis le début de cet été, le système d'attribution des aides a été amélioré. Plus ciblé, il encourage la réalisation de logements plus grands (T3 et +) jusque-là difficilement rentables pour les bailleurs sociaux donc moins nombreux sur le marché. Nous facilitons ainsi le maintien des familles aux revenus modestes dans la ville.
Par ailleurs, nos efforts en direction du parc privé sont largement soutenus. Constituant 80% de l'ensemble du parc de logements, il joue un rôle social significatif dont nous devons tenir compte dans nos choix. C'est ainsi que la ville par des diagnostics, des aides aux copropriétés, des Opérations Programmées d'Amélioration de l'Habitat (O.P.A.H.), participe au maintien d'une population qui bien souvent rencontre des difficultés financières pour rester dans les appartements de bailleurs privés. Par nos actions, nous favorisons, dans les copropriétés, l'équilibre entre propriétaire occupant et propriétaire bailleur.
Nous devons être attentifs au peuplement sur l’ensemble de notre parc locatif. C’est la raison qui nous conduit à développer des projets de renouvellement urbain qui favorisent une mobilité des locataires et une mixité à l'échelle des quartiers. Il n'y a pas de formule magique à cet égard. Il faut faire du «mesure» avec pragmatisme et réalisme en agissant sur tous les leviers, aussi bien publics que privés.
La question du droit au logement est posée dans notre ville et notre agglomération comme à l’échelle du pays. Nous savons qu’il y a beaucoup à faire pour que tous nos concitoyens disposent d’un habitat décent et accessible financièrement. Nous avons notre part de responsabilité à assumer dans la mise en œuvre d’une politique vigoureuse en la matière. Mais Grenoble n’est pas une île. Sont en cause également les volontés politiques des maires et des communes de la région grenobloise (le bassin d’habitat), celle de la communauté d’agglomération et bien sûr celle de l’Etat qui ne peut se désengager.
* Elus de la délégation Habitat—Logement depuis sa création : 1995 - 2001 : Raymond Avriller – ADES ; 2001 - 2008 : Florence Hanff - GO Citoyenneté
** PLS : Prêts Locatifs Sociaux ; PLAI : Prêts Locatifs d’Aide à l’Insertion ; PLUS : Prêts Locatifs à Usage Social