Travailler au droit au logement c'est faire en sorte que tous les groupes, toutes les personnes aient un toit, quelles que soient leur situation sociale, leur statut juridique, leur condition matérielle d'existence. Au-delà de la population familiale qui est habituellement au cœur de la politique sociale du logement, il faut donc proposer aux autres composantes: jeunes travailleurs, étudiants, personnes âgées (y compris les travailleurs migrants vieillissants) et par ailleurs réfugiés, demandeurs d'asile, personnes sans domicile fixe, familles en grandes difficultés, des formes d'habitat adapté à la fois à leurs ressources et à leurs modes de vie.
Le développement des habitats « spécifiques » fait partie intégrante de la politique menée par la Ville comme par la Communauté d'agglomération à travers le programme local de l'habitat: soutien apporté au CCAS pour tout ce qui concerne les personnes âgées (foyer logement, établissements pour personnes âgées dépendantes, appartements groupés en services partagés); concours à l'union mutualiste pour l'insertion et l'habitat des jeunes; appui aux lieux d'accueil et d'hébergement, et à leurs nouvelles formes, pension de famille ou maison relais, gérés par le CCAS ou par des associations; recherche des formules d'habitat transitoire.
Malgré une grande mobilisation des pouvoirs publics locaux et des associations sur tous ces plans, il y a encore beaucoup à faire à l'échelle de l'agglomération grenobloise, tant à l'égard des populations spécifiques classiques (personnes âgées devenant dépendantes, jeunes travailleurs, étudiants) qu'à l'égard des populations en déshérence et désarroi dont l'importance grandit à mesure que la précarisation se répand dans notre société, et que le nombre de réfugiés chassés de leurs pays par la misère et par la violence croît.
C'est dire que les chantiers ne manquent pas. S'agissant des personnes âgées, les réalisations proches se nomment Vigny Musset et Teisseire, plus tard caserne de Bonne; parallèlement la transformation de logements-foyers existants se poursuit. Concernant les étudiants, la Communanuté d'agglomération doit arrêter sa ligne d'action dans les prochaines semaines.
Sur l'autre versant de l'intervention en direction de populations spécifiques, les choses avancent également: édification du nouveau centre d'accueil et d'hébergement d'urgence pour l'agglomération (en remplacement du centre d'accueil municipal de la rue Durand Savoyat); construction d'une nouvelle résidence sociale à Beauvert (en remplacement du foyer de la SONACOTRA); développement de maison-relais associatives (oiseau bleu, issue de secours, secours catholique) ; recherche d'habitat en petites unités démultipliant l'action des CADA (centres d'accueil des demandeurs d'asile).