Population et habitat 'spécifique'



Population et habitat 'spécifique'
Travailler au droit au logement c'est faire en sorte que tous les groupes, toutes les personnes aient un toit, quelles que soient leur situation sociale, leur statut juridique, leur condition matérielle d'existence. Au-delà de la population familiale qui est habituellement au cœur de la politique sociale du logement, il faut donc proposer aux autres composantes: jeunes travailleurs, étudiants, personnes âgées (y compris les travailleurs migrants vieillissants) et par ailleurs réfugiés, demandeurs d'asile, personnes sans domicile fixe, familles en grandes difficultés, des formes d'habitat adapté à la fois à leurs ressources et à leurs modes de vie.
Le développement des habitats « spécifiques » fait partie intégrante de la politique menée par la Ville comme par la Communauté d'agglomération à travers le programme local de l'habitat: soutien apporté au CCAS pour tout ce qui concerne les personnes âgées (foyer logement, établissements pour personnes âgées dépendantes, appartements groupés en services partagés); concours à l'union mutualiste pour l'insertion et l'habitat des jeunes; appui aux lieux d'accueil et d'hébergement, et à leurs nouvelles formes, pension de famille ou maison relais, gérés par le CCAS ou par des associations; recherche des formules d'habitat transitoire.
Malgré une grande mobilisation des pouvoirs publics locaux et des associations sur tous ces plans, il y a encore beaucoup à faire à l'échelle de l'agglomération grenobloise, tant à l'égard des populations spécifiques classiques (personnes âgées devenant dépendantes, jeunes travailleurs, étudiants) qu'à l'égard des populations en déshérence et désarroi dont l'importance grandit à mesure que la précarisation se répand dans notre société, et que le nombre de réfugiés chassés de leurs pays par la misère et par la violence croît.
C'est dire que les chantiers ne manquent pas. S'agissant des personnes âgées, les réalisations proches se nomment Vigny Musset et Teisseire, plus tard caserne de Bonne; parallèlement la transformation de logements-foyers existants se poursuit. Concernant les étudiants, la Communanuté d'agglomération doit arrêter sa ligne d'action dans les prochaines semaines.
Sur l'autre versant de l'intervention en direction de populations spécifiques, les choses avancent également: édification du nouveau centre d'accueil et d'hébergement d'urgence pour l'agglomération (en remplacement du centre d'accueil municipal de la rue Durand Savoyat); construction d'une nouvelle résidence sociale à Beauvert (en remplacement du foyer de la SONACOTRA); développement de maison-relais associatives (oiseau bleu, issue de secours, secours catholique) ; recherche d'habitat en petites unités démultipliant l'action des CADA (centres d'accueil des demandeurs d'asile).

Mardi 3 Janvier 2006
Jean-Philippe Motte
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Commentaires articles

1.Posté par alberto le 04/01/2006 23:10
bon je ne suis pas un grand penseur comme vous mais je veux donne quand meme mon avis. c\'est pas directement sur les logements pour les malheureux mais c\'est plus general. Alors moi je pense qu\'il faut quand meme faire attention au phenomene \"D\'APPEL D\'AIR\". Je m\'explique : si vous faites plus de logement vous aurez forcement aussi plus de demande et il y aura de toute facon toujours plus de demande. c\'est un fait : la place (je veux dire la superficie grenobloise) est limitée et je crois qu\'il faut arreter de toujours construire (car ce ne finira jamais) et ca sera au detriment de la qualite de notre vie. je vous donne un exemple, il y a 20 ans les collines vers seyssin ou bien la vallee du gresivaudan etait quand meme bien plus jolie qu\'aujourd\'hui ou il y a plein de construction moches.

2.Posté par B.R. le 06/02/2006 14:09
La mise en place d'habitat spécifique n'est-elle pas en contradiction avec la mixité sociale tant désirée ? Certes, à besoins spécifiques il est nécessaire d'apporter des réponses spécifiques, mais n'est-ce pas aussi la résultante des hausses prolongées de l'immobilier des dernières années. Hormis le besoin d'équipement spécifique (pour les personnes âgées par exemple), beaucoup des cas énumérés dans l'article n'appellent aucune solution particulière de mise en oeuvre. Une action locale plus globale ne serait-elle pas nécessaire ? Lors d'un récent reportage télévisé, j'ai appris qu'une commune d'ile de France avait "gelé" le prix de vente des appartements vendus. Au delà de ce prix elle s'autorisait le droit de préempter. Certes la mesure est radicale, mais elle permet aux plus modestes de se loger en région parisienne. Ce n'est certainement pas applicable en tant que tel à Grenoble, mais peut-être que des pistes similaires peuvent être étudiées.

3.Posté par hanff florence le 08/02/2006 16:52
j'ai lu votre remarque qui appelle de ma part une réponse. Je pense que de développer une offre de logement correspondant à des populations spécifiques est une nécessité en effet, les personnes en grandes difficultés (sociales) ont besoin d'un accompagnement et d'une présence c'est celà que l'on appelle les maisons relais, les travailleurs migrants hébergés en foyer ont également besoin d'un suivi particulier lié notamment à l'aller et retour avec leur pays d'origine. cela n'est pas contradictoire avec l'exemple que vous prenez de la région parisienne, nous préemptons également pour d'une part constituer des réserves foncières, d'autre part pour développer une offre de logements qui à terme on peut l'espérer contribuera à faire baisser les prix.

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