Si ce service civique est le bienvenu, dans les circonstances que nous venons de rappeler, encore fallait - il clarifier quelques positions pour ne pas dénaturer l'esprit de ce service ou même le rendre contreproductif. C'est ainsi que le débat a permis de désamorcer une fausse contradiction dans laquelle il risquerait de s'enliser : le caractère obligatoire ou volontaire de ce service.
Le volontariat, prôné en particulier par l'association Unis - Cité, malgré ses réels mérites montre ses limites : celle d'un service réservé a une minorité. Fut - ils démocratique dans son recrutement, le bon - vouloir, voire le bon plaisir, est incompatible avec un engagement pétri dans les valeurs républicaines, construites sur des droits et sur des devoirs. Réservé à une minorité de jeunes français, ce service perdrait son caractère de mobilisation générale et de rite de passage d'une tranche d'âge.
Mais, dans le même temps, en se massifiant, le service civique volontaire que l'on connaît aujourd'hui risque de perdre son ferment. Le passage d'un prototype, ou d'un sur - mesure, à la série ou au prêt à porter est toujours risqué.