POUR UN SERVICE CIVIQUE UNIVERSEL

Une rencontre - débat sur la proposition d'un service civique s'est tenue mercredi 28 mars au centre social du Vieux - Temple. Les différents intervenants de l'association "Récits", de l'hebdomadaire "La Vie", de L'association "Unis - Cité" et de l'ADATE ont pu ainsi explorer les différentes formes que pourrait prendre ce service civique.
Ce débat part d'un constat : la déstructuration de notre société.
Il répond à une nécessité : refonder le contrat social.
Il clarifie la forme que pourrait prendre ce service civique.



1 - La fin des grands intégrateurs sociaux

POUR UN SERVICE CIVIQUE UNIVERSEL
Les intervenants ont tous fait le constat que le système social était destructuré et que la génération des 18-25 ans avait perdu un certain nombre de repères.
Cette jeunesse que l'on appelle parfois "les orphelins des trente glorieuses", est particulièrement fragilisée parce que les piliers sur lesquels elle pourrait se reposer le sont eux - même : familles désunies et démunies, école - université en proie au doute, emploi précarisé, annoncent la fin des grands intégrateurs sociaux.

2 - Refonder le contrat social

POUR UN SERVICE CIVIQUE UNIVERSEL
Pour retrouver un contrat social désagrégé, tous les intervenants s'accordent pour favoriser un changement de perspectives à travers une mobilisation nationale de caractère massif, voire obligatoire, au risque de dénaturer le projet de ceux qui pensent que ce service doit être volontaire.
Le brassage social de 300 000 jeunes, garçons et filles, encadrés par 30 000 personnes, vise prioritairement à une éducation citoyenne par l'apprentissage des valeurs républicaines. Fortement ancré sur le développement local et international, ce service serait mis en place progressivement et si possible de manière non - fractionnée. Son coût est estimé à 5 milliards d'€.

3 - Un débat qui clarifie

POUR UN SERVICE CIVIQUE UNIVERSEL
Si ce service civique est le bienvenu, dans les circonstances que nous venons de rappeler, encore fallait - il clarifier quelques positions pour ne pas dénaturer l'esprit de ce service ou même le rendre contreproductif. C'est ainsi que le débat a permis de désamorcer une fausse contradiction dans laquelle il risquerait de s'enliser : le caractère obligatoire ou volontaire de ce service.
Le volontariat, prôné en particulier par l'association Unis - Cité, malgré ses réels mérites montre ses limites : celle d'un service réservé a une minorité. Fut - ils démocratique dans son recrutement, le bon - vouloir, voire le bon plaisir, est incompatible avec un engagement pétri dans les valeurs républicaines, construites sur des droits et sur des devoirs. Réservé à une minorité de jeunes français, ce service perdrait son caractère de mobilisation générale et de rite de passage d'une tranche d'âge.
Mais, dans le même temps, en se massifiant, le service civique volontaire que l'on connaît aujourd'hui risque de perdre son ferment. Le passage d'un prototype, ou d'un sur - mesure, à la série ou au prêt à porter est toujours risqué.

Comment juguler ce risque.

POUR UN SERVICE CIVIQUE UNIVERSEL
Les intervenants de ce débat, adeptes essentiellement du caractère obligatoire de ce service, voire d'une formule à adaptée tout au long de la vie, pensent tous que l'on peut maîtriser le risque de la banalisation et à terme, celui d'une perte de sens.
Ils proposent d'abord de le mettre en place de façon progressive, sur 5 ans.
Ils préconisent ensuite de la rendre attractif. (par - exemple, de le valider dans les divers cycles de formations universitaires ou professionnelles.
Ils n'hésitent pas à dire qu'il faut se donner les moyens d'un encadrement de qualité, créateur d'emplois de surcroît et qu'il faut le protéger de la marchandisation en le centrant sur des projets qui confinent à la préservation du bien - commun.


A Grenoble…

POUR UN SERVICE CIVIQUE UNIVERSEL
Nous avons la chance à Grenoble d'accueillir l'association Unis - Cité, que je considère pour ma part comme un "joyau associatif". Sur la base du volontariat, ils développent dans notre ville, depuis quelques années une forme de service civique, qui nous permet de ressentir ce que peut être une démarche bien ancrée sur des projets de développement local.
Je souhaite que tous les responsables politiques et associatifs prennent conscience de cette chance, afin que nous puissions à Grenoble passer du volontariat à un système d'obligation sans perdre le "grain de sel" qui donne toute sa saveur à cette entreprise.

Samedi 31 Mars 2007
Cécil GUITART
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