En rester à ce constat élémentaire risquerait pourtant de masquer la signification de la stratégie de Michel Destot et de ses conséquences. Au-delà du contenu manifeste que Michel Destot ne manque pas de claironner, il y a un contenu plus profond, latent, diraient les psychanalystes, qui exige un travail d’élaboration. Peut-être faut-il commencer par donner des pistes pour ce qui sera nécessairement un travail collectif qui devrait déboucher sur un renouveau, à Gauche.
1.Partout, en France, la droite subit une défaite, à l’occasion des élections municipales. À Grenoble, il en va de même, et il n’en va pas de même. La droite estampillée UMP est largement battue. Mais la droite, qui avance souvent masquée ou inavouée, a trouvé un nid à l’intérieur de la majorité municipale. Par la grâce de Michel Destot et de son ouverture aventureuse, elle se trouve protégée, bien au chaud. Qu’en sera-t-il de son expression et de son influence ? Aux citoyens qui n’ont pas accepté sa présence de se montrer attentifs et vigilants.
2.Partout, en France, le MODEM a montré son délitement et son impuissance à peser sur le résultat des élections. Partout, sauf à Grenoble, où il disposera de 6 élus et de responsabilités d’adjoint. Par le bon vouloir de Michel Destot. Sans chercher à affronter le suffrage électoral, et construire une alliance de 2eme tour, sur la base de son poids réel, le MODEM se trouve ainsi, dans la municipalité d’ouverture, la deuxième force politique, derrière le P.S. Aux citoyens de veiller à ce que cette ouverture ne crée pas trop de courants d’air ou de bourrasques dans la majorité.
3.Le seul objectif, avoué, de l’ouverture était de passer dès le premier tour, avec plus de 50% des suffrages exprimés. Après un premier tour laborieux, moins de 43%, et un deuxième tour, marqué par un fort pourcentage d’abstentions, cette liste obtient un score de 48% de voix. Résultat brut : 44 sièges, soit un de moins que dans le mandat précédent.
4.Le second objectif, implicite celui-là, était de se débarrasser des Verts et des alternatifs, alliés jugés compliqués, maximalistes, procéduriers… Résultat de l’opération : ces anciens alliés, certes difficiles à “gérer ” ( ?) — mais l’alliance pour une gauche, citoyenne et écologiste gauche est tout sauf un long fleuve tranquille — capitalisent avec 22,5%, au deuxième tour, le refus d’une ouverture sans principe et se retrouvent dans la minorité avec 6 sièges.
5.Le troisième objectif, certes mineur et anecdotique, était de marginaliser et d’instrumentaliser Grenoble - Objectif Citoyenneté. Mission accomplie. Avec 5 sièges, deux de moins que dans les précédentes municipalités, les élus de GO qui pouvaient jouer une force d’équilibre de la majorité se trouvent noyés parmi des élus MDC (Qui est le MDC), des radicaux de gauche (Qui sont-ils, sinon qu’ils ne sont pas de droite ?) et des élus de la société civile dont la seule représentativité est d’avoir été choisis par Michel Destot. Michel Destot : Où est ta victoire ?
Il appartient aux citoyens à qui ces élections, à Grenoble, gâchent partiellement la satisfaction de la victoire de la Gauche en France de reconstruire une gauche qui ne peut se contenter d’accords d’appareils pour le seul bénéfice d’un maire qui rêvait d’un destin national et qui se retrouve désormais avec une lourde responsabilité locale.