Une expérience et une culture grenobloise
Un autre fondement des pôles de compétitivité, déjà expérimenté en Europe, a pour but de favoriser la réalisation de transferts de connaissances et de techniques, issues de la recherche scientifique, en incitant, financièrement la collaboration entre laboratoires, industries et collectivités. L’État avait le choix entre deux stratégies : soit se concentrer sur une petite dizaine de pôles d’excellence susceptibles d’occuper une place de leader en Europe, voire dans le monde, ou dispenser ses aides de manière plus éparpillée en fonction de projets de natures très différentes dans leur positionnement industriel.
L’État a choisi de diversifier ces aides sur une soixantaine de projets ce qui, compte tenu du financement global important, mais limité (1,5 milliards sur 3 ans), a l’inconvénient de saupoudrer les financements. Quoi qu’il en soit en Rhône-Alpes, quinze pôles, ont été constitués à partir de l’appel à projet. Quatre de ces pôles impliquent l’agglomération grenobloise.
Il s’agit de Minalogic, consacré à la miniaturisation des technologies de l’information et de la communication et des logiciels embarqués sur puces ; de Lyon-biopôle consacré aux technologies de la santé relatives au diagnostic et au vaccin ; d’Axelera qui recouvre la chimie de l’environnement ; de Tenerdis dont le domaine comprend les énergies renouvelables, la gestion des réseaux de distribution d’énergie et les solutions d'économies d’énergie.
L’engagement des collectivités locales (Région, Conseil Général, Agglomération, Ville de Grenoble) qui accompagne les aides de l’État et les exonérations fiscales sur trois ans pour attirer les investissements des entreprises vise à faire croître le PIB et la création d’emplois et de richesses. La commission européenne a prévu qu’une augmentation de 0,1% dans l’investissement en R&D fait croître le PIB/habitant de l’ordre de O,3 à 0,4%.
Notre soutien est fondé sur l’idée que l’innovation technique ne crée pas, en elle-même ou directement, des biens et des services et par conséquent des emplois L’emploi peut être créé à la condition que l’innovation et la R&D s’appuient sur des expertises partagées. Les pôles de compétitivité en mutualisant l’expertise, en labellisant des projets, en orientant vers les PME/PMI peuvent participer aux conditions de la création d’emplois.
Jean Caune
Président du groupe des élus de GO