Les pôles de compétitivité : mieux préparer l'avenir.

La mise en place des pôles de compétitivité avec la participation des collectivités territoriales suscitent des appréciations divergentes à l’intérieur de la majorité de gauche à Grenoble.



Les pôles de compétitivité : mieux préparer l'avenir.
De quoi s’agit-il ?

Les pôles de compétitivité sont le résultat d’une initiative de l’Etat. L’idée est de stimuler le partenariat entre les laboratoires de recherche et le développement industriel, qu’il relève des grands groupes ou des PME/PMI, dans une stratégie de développement des territoires.
Cette idée tire, une part de son origine d’une perspective de planification très largement abandonnée depuis plus de 20 ans. Cette planification, conduite sous la tutelle de l’État, a été, durant la 4eme et la 5eme République, un des facteurs du développement territorial.
La démarche des pôles de compétitivité retrouve partiellement sa fonction planificatrice de développement de la France définie, « d’ardente obligation » par le Général de Gaulle, au début des Trente Glorieuses.
Aujourd’hui, dans une économie mondialisée sans régulation, cette ardente obligation demeure. Elle ne doit plus seulement être portée par l’État, mais aussi par les collectivités territoriales et les acteurs économiques et scientifiques.
Cette initiative consiste à concentrer les forces et les volontés d'acteurs socio-économiques pour développer les secteurs d’excellence. Les pôles représentent un enjeu stratégique face aux délocalisations vers les pays à bas coûts de main d’œuvre.

Les pôles de compétitivité : mieux préparer l'avenir.
Concurrence ou partenariat ?

Certains, comme les élus de l’ADES ou du PC, critiquent cette perspective d’aménagement du territoire, parce qu’elle instituerait un esprit de concurrence entre les Régions et les collectivités. C’est parce qu’on ne peut pas tout faire partout que l’idée est de substituer la concurrence sauvage, ou sans projet, par des logiques de concertation.
L'objectif étant pour les régions et les collectivités territoriales de créer des partenariats pour faire valoir leurs spécificités et leurs atouts.

Les pôles de compétitivité organisés autour des forces d’un bassin d’emploi, de formation et de recherche sont un moyen d’échapper à « l’arrosage du désert » qui disperse les ressources pour s’orienter vers une concentration des aides, et une valorisation des forces réunies de l’industrie, de l’université et de la recherche.
L’État n’est plus seul à agir, surtout s’il s’agit d’intervenir sur le tissu économique local. La décentralisation doit aussi se jouer au plan économique. Les pôles peuvent être un moyen d’insuffler une politique volontariste pour transférer les technologies vers les PME/PMI dans une visée d’attractivité du territoire.
C’est pourquoi, sans méconnaître les risques toujours possibles, nous souhaitons soutenir ces initiatives, seules perspectives pour les collectivités territoriales d’être associées aux choix et aux évaluations de leur avenir.


Les pôles de compétitivité : mieux préparer l'avenir.
Une expérience et une culture grenobloise

Un autre fondement des pôles de compétitivité, déjà expérimenté en Europe, a pour but de favoriser la réalisation de transferts de connaissances et de techniques, issues de la recherche scientifique, en incitant, financièrement la collaboration entre laboratoires, industries et collectivités. L’État avait le choix entre deux stratégies : soit se concentrer sur une petite dizaine de pôles d’excellence susceptibles d’occuper une place de leader en Europe, voire dans le monde, ou dispenser ses aides de manière plus éparpillée en fonction de projets de natures très différentes dans leur positionnement industriel.
L’État a choisi de diversifier ces aides sur une soixantaine de projets ce qui, compte tenu du financement global important, mais limité (1,5 milliards sur 3 ans), a l’inconvénient de saupoudrer les financements. Quoi qu’il en soit en Rhône-Alpes, quinze pôles, ont été constitués à partir de l’appel à projet. Quatre de ces pôles impliquent l’agglomération grenobloise.
Il s’agit de Minalogic, consacré à la miniaturisation des technologies de l’information et de la communication et des logiciels embarqués sur puces ; de Lyon-biopôle consacré aux technologies de la santé relatives au diagnostic et au vaccin ; d’Axelera qui recouvre la chimie de l’environnement ; de Tenerdis dont le domaine comprend les énergies renouvelables, la gestion des réseaux de distribution d’énergie et les solutions d'économies d’énergie.
L’engagement des collectivités locales (Région, Conseil Général, Agglomération, Ville de Grenoble) qui accompagne les aides de l’État et les exonérations fiscales sur trois ans pour attirer les investissements des entreprises vise à faire croître le PIB et la création d’emplois et de richesses. La commission européenne a prévu qu’une augmentation de 0,1% dans l’investissement en R&D fait croître le PIB/habitant de l’ordre de O,3 à 0,4%.
Notre soutien est fondé sur l’idée que l’innovation technique ne crée pas, en elle-même ou directement, des biens et des services et par conséquent des emplois L’emploi peut être créé à la condition que l’innovation et la R&D s’appuient sur des expertises partagées. Les pôles de compétitivité en mutualisant l’expertise, en labellisant des projets, en orientant vers les PME/PMI peuvent participer aux conditions de la création d’emplois.


Jean Caune
Président du groupe des élus de GO


Lundi 27 Novembre 2006
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