Le vote, certes difficile, mais consensuel du budget 2004 laissait espérer que les approches méthodologiques de l’ensemble de la majorité s’étaient rapprochées. Nous pouvons craindre à nouveau que les vieux démons de la domination et du passage en force ne l’emportent sur l’espérance de l’innovation par la concertation.
La démarche que nous avions amorcée sur cette friche était en effet prometteuse.
Pour sortir “ des lieux communs” et tenter l'innovation (devenue le maître mot sur cette friche), nous avions engagé une démarche de travail visant à en garantir l'esprit.
Alors que le choix de construire un stade en ville semble interdire une implantation de la “ Cité de l'Innovation et de la Découverte ” sur la friche Bouchayer-Viallet, l'exercice devait commencer par un premier travail sur deux lieux:
- La halle Mandrack pour des projets restant à préciser;
- Le bâtiment laissé vacant par le départ du CDNA afin de tenter d'y construire un nouveau «territoire de l'art» centré sur le spectacle vivant.
Concernant les locaux CDNA, dont le pilotage à été confié à Cécil Guitart1, un travail d'élaboration avec les acteurs du site a permis d'intégrer dans un premier temps l'Union de quartier. Il laissait espérer, dans un deuxième temps, l'intégration d'un segment du nouveau plan spectacle vivant à la suite de la fermeture du Théâtre du Rio.
Même si ces deux “ injonctions” ont été perçues par les acteurs en présence comme des “forcées” (le terme est ici doublement approprié!), l’état d’esprit d’innovation était en capacité d'assimiler ces télescopages avec ces nouvelles données imprévisibles. Car un projet innovant doit avoir la capacité d'intégrer des facteurs inattendus. Cela a failli être le cas grâce à la bonne volonté des uns et des autres.
Pour parvenir à cette assimilation deux conditions corrélatives étaient réunies: la confiance et le respect des règles du jeu.
La confiance se conforte dans le travail conjoint, le respect et l'estime des partenaires avec qui l'on avance.
Encore faut-il être loyal et ne pas changer les règles en cours de partie.
C'est ce qui est en train de se produire. La volonté d'imposer, sans débat possible, un système de gestion rattaché à un directeur artistique, lui-même rattaché au théâtre municipal, change tout à coup les règles du jeu. Cette méthode conduit au résultat contre-productif consistant, pour garder la métaphore sportive " à marquer contre son camp”.
Cette volonté d'imposer, détruit toute possibilité d'innovation et plus grave encore, contribue à briser le pacte de confiance patiemment construit de réunion en réunion.