L'approche inter - culturelle de notre projet, doit éviter le piège du marquage de la population à qui cette étiquette fait référence.
Les jeunes "de l'immigration", manifestent de plus en plus d'agacement, lorsqu'ils sentent qu'on les distingue des autres Français, qui eux seraient de "souche".
Nous devons être attentif à cela car on peut faire de la très mauvaise politique avec de bons sentiments.
Nous devons tout faire pour que la "francité", ne soit pas douteuse ou suspecte, mais indiscutable pour tous les français, quelle que soit leur origine.
Il faut éviter que certains Français, se sentent davantage français lorsqu'ils sont à l'étranger que lorsqu'ils sont en France.
Cette précaution étant énoncée, il semble, dès lors, que le concept "d'inter - culturalité", doive être pris en compte plutôt, à travers la transversalité de nos politiques, que frontalement.
Dans les échanges que nous avons eu, trois pistes ont été privilégiées : l'international, le culturel, la laïcité.
• Pour l'international, il semble que notre politique internationale, aurait tout avantage à
s'incarner et à s'enraciner à partir de toutes les composantes de notre population. La dimension cosmopolite de notre ville doit favoriser une politique internationale dans laquelle les populations dites d'origine se reconnaissent.
• Pour le culturel, plutôt que de se satisfaire d'une offre descendante estampillée "bien -
culturel", sans adéquation toujours, avec les besoins de la population, nous recommandons une autre approche de la culture, adossée à la "déclaration universelle pour la diversité culturelle" de l'UNESCO. Cela permettrait de donner à chacun le droit d'exprimer sa propre culture. Cette attitude devrait se prolonger jusqu'au fait religieux, dans la mesure où dans les quartiers populaires les gens attendent des positions claires et courageuses sur ce point.
• Pour la laïcité, l'entrée par la formule : "pas de connaissance, sans reconnaissance",
semble devoir s'imposer. Cela signifie que la reconnaissance du fait religieux, et en l'occurrence la religion musulmane, doit se traduire par la possibilité de pratiquer décemment leur culte. En contrepartie, notre République laïque, doit faire la part des choses, et imposer en faisant respecter l'esprit de la loi de 1905, le temps politique (réel), du temps religieux (spirituel).
Nous devrons être attentifs, à ce que ces propositions, difficile parfois à formuler, "parlent à tout le monde".