« Oui, on peut être mimi et avoir un cerveau »
Pour se positionner, pour être entendue aussi, Hakima Necib fait d'abord confiance au travail qu'elle fournit, aux heures passées sur le terrain à écouter les habitants. « On se fait valoir soit par son parcours académique, soit par son réseau, soit comme moi par ses exigences ». Et des exigences, elle en a d'abord envers elle-même. À entendre parfois certaines maladresses,
« certainement même plus que les hommes, parce que nous, les femmes, on a toujours plus de choses à prouver que la gente masculine. Oui, on peut être mimi et avoir un cerveau ! ». Et de l'humour en prime.
« Pourtant, je ne suis pas une féministe dans l'âme, même si beaucoup le croient, mes frères les premiers ! Mais c'est vrai que je ne suis pas du genre à rentrer dans les schémas classiques, je suis quelqu'un d'indépendant et de passionné. Du coup, on me met dans une case ! Bien sûr, je me sens proche des préoccupations des femmes. Et je crois surtout qu'aujourd'hui, notre devoir est d'éduquer, de transmettre et de faire en sorte que les droits des femmes soient conservés. Nous devons être vigilants, car rien n'est jamais acquis : les dernières restrictions de crédits aux associations comme le planning familial le prouvent ».
Fera-t-elle carrière en politique ? « J'ai de l'ambition, mais je n'en rêve pas la nuit. Si je pouvais laisser une trace ou au moins une empreinte, ce serait déjà bien ».
Gwendoline BEZIAU
Paru dans l'édition 38H du 08/03/2009 (50551)