JOURNÉE DE LA FEMME : «Oui, on peut être mimi et avoir un cerveau»Hakima Necib n'aime pas les étiquettes. Celles dont parfois les autres vous affublent, bien malgré vous. Alors plutôt que "féministe", elle, préfère "libre", "convaincue", "engagée".
« Je suis trop fidèle à mes valeurs »
« Si je suis la femme que je suis, c'est surtout grâce à mon père qui m'a beaucoup poussée dans mon émancipation », raconte la jeune Grenobloise, conseillère municipale déléguée aux pratiques culturelles. La politique, cette mère célibataire de 36 ans n'y pensait pas vraiment, jusqu'à l'année dernière : « Mon expérience, je l'avais forgée dans le milieu associatif et dans le cadre de mon travail, comme cadre territoriale chargée de la jeunesse. Mais j'avais envie d'aller plus loin, de bousculer les politiques publiques, de lutter contre les inégalités. Au lieu de continuer à râler sans vraiment rien faire, je me suis dit qu'il était temps. Finalement, cela s'est fait naturellement. Avec Go citoyenneté, j'ai trouvé le mouvement qui correspondait le mieux à mes idées, à mes idéaux, sans que mon profil (femme, jeune, issue de l'immigration) serve d'affichage ». Un "modèle" facile et en vogue... Elle, de toute façon, n'aurait pas laissé faire : « Je suis trop fidèle à mes valeurs ».
« Oui, on peut être mimi et avoir un cerveau »
Pour se positionner, pour être entendue aussi, Hakima Necib fait d'abord confiance au travail qu'elle fournit, aux heures passées sur le terrain à écouter les habitants. « On se fait valoir soit par son parcours académique, soit par son réseau, soit comme moi par ses exigences ». Et des exigences, elle en a d'abord envers elle-même. À entendre parfois certaines maladresses, « certainement même plus que les hommes, parce que nous, les femmes, on a toujours plus de choses à prouver que la gente masculine. Oui, on peut être mimi et avoir un cerveau ! ». Et de l'humour en prime. « Pourtant, je ne suis pas une féministe dans l'âme, même si beaucoup le croient, mes frères les premiers ! Mais c'est vrai que je ne suis pas du genre à rentrer dans les schémas classiques, je suis quelqu'un d'indépendant et de passionné. Du coup, on me met dans une case ! Bien sûr, je me sens proche des préoccupations des femmes. Et je crois surtout qu'aujourd'hui, notre devoir est d'éduquer, de transmettre et de faire en sorte que les droits des femmes soient conservés. Nous devons être vigilants, car rien n'est jamais acquis : les dernières restrictions de crédits aux associations comme le planning familial le prouvent ». Fera-t-elle carrière en politique ? « J'ai de l'ambition, mais je n'en rêve pas la nuit. Si je pouvais laisser une trace ou au moins une empreinte, ce serait déjà bien ». Gwendoline BEZIAU Paru dans l'édition 38H du 08/03/2009 (50551) Lundi 9 Mars 2009
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