FÊTE DE L'ENFANCE: Convergences éducatives

Conférence - débat au Salon d'honneur

C'est sur cette heureuse dénomination qu'à été ouverte ce vendredi 28 septembre le fête de l'enfance 2007.
Trois conférencier, autour de Roger Merlin, ont conjugué à souhait et avec pertinence cette question qui vise à mobiliser l'ensemble des acteurs de la communauté éducative.
Animé par Philippe Genin (MJC) et par Christian Toillier (Francas), cette conférence, à trois voix, celles de Pierre Durand, ancien Président des Francas national, d'Olivier Douard, sociologue au CNRS, et de Michel Zorman, docteur en neuro - psychiatrie et conseiller auprès du Recteur d'Académie, a d'abord permis d'affiner les quelques concepts et de clarifier les enjeux éducatifs soulevés par la question complexe de la convergence.



Pierre Durand

FÊTE DE L'ENFANCE: Convergences éducatives
Rechercher la convergence, suppose pour Pierre Durand, qu'il y a des divergences, à la fois entre les acteurs de processus éducatif (familles, école, média, l'espace public), et aussi des divisions sociales entre les acteurs du système démocratique. Il considère que personne n'a le "primat" de l'éducation, même si les familles ont la "primauté" de la construction individuelle des enfants ou les Villes celle de leur socialisation dans l'espace public.
Il estime néanmoins que dans un système qui élargit de plus en plus la sphère du temps libre (1338 heures de cours au début du 20ème siècle, 870 après la dernière réforme du Ministre Darcos, un siècle plus tard), les collectivités devront s'impliquer davantage notamment dans des tâches de coordination.

Olivier Douard

FÊTE DE L'ENFANCE: Convergences éducatives
Estime, quant à lui, que la multiplication des dispositifs constitue une fuite en avant qui évite de se poser les bonnes questions. Distinguant éducation et enseignement, il montre que la "réussite éducative", dont on nous rebat les oreilles depuis des lustres, passe nécessairement par une convergence des actions éducatives, mais qu'elle ne se décrète pas. Elle se construit en sachant vers où l'on va et pour quoi faire...
Ce travail de construction est à mettre en œuvre par un chef de file qui doit sa légitimité au suffrage démocratique

Michel Zorman

FÊTE DE L'ENFANCE: Convergences éducatives
Constate que le système éducatif français fabrique 20 % de belles réussites, et 20 % d'échec socialement irréversible. Plus on met de moyens, plus cette machine constitutivement inégalitaire creuse cet écart. Il suggère dès lors, que toute solution passe par le constat de ce terrifiant diagnostic et par la recherche de l'éradication de ce processus de précarisation qui fabrique de l'inégalité et des exclus.
C'est là, pour lui, que se trouve le point de convergence permettant aux divers acteurs de mobiliser leurs efforts. Cela implique sans pessimisme exagéré de vaincre les nombreux conservatismes d'une société française qui a tendance à donner des leçons au Monde entier et qui ne se les applique pas à elle - même.
La décentralisation de la compétence éducative aux élus locaux et territoriaux, parfois évoquée, mais jamais réalisée est probablement le préalable à toute réforme.
Là aussi, elle renvoie sur une compétence au double sens du terme des élus locaux.


Le débat

FÊTE DE L'ENFANCE: Convergences éducatives
L'introduction et l'interpellation des acteurs éducatifs, peu présents dans la salle (un seul élu, quelques militants, une poignée de professionnels), à permis néanmoins un excellent débat et une belle "convergence de points de vue" à laquelle invitaient les trois conférenciers.
La convergence visant à désigner comme chef de file les collectivités locales, plaide fortement pour la poursuite du "projet éducatif grenoblois" que nous sommes en train de bâtir, comme fil rouge de toutes nos politiques publiques.
Mais il ne faut pas pour autant tomber dans le piège de la répartition des rôles qui nous est tendu à la fois par le plan Borloo de cohésion sociale, ou par la réformette Darcos, visant à réduire le nombre d'heures. Ce piège qui risque de préserver un semblant de réussite au système scolaire néo - corporatiste actuel et de rejeter les échecs sur les collectivités, serait un piège mortel pour l'éducation de nos enfants.
La répartition des rôles n'est pas la convergence des actions. Etre le maître - d'œuvre de la convergence exige une réforme d'un Etat (pourtant décentralisé dans sa constitution depuis 2000), qui donne ce pouvoir et les moyens de l'exercer aux collectivités.

A suivre... Samedi 29 septembre : lafête de l'enfance sur l'anneau de vitesse

Samedi 29 Septembre 2007
Cécil GUITART
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1.Posté par cecil GUITART le 30/09/2007 08:25

Il y a un siècle le temps de travail était de 3200 heures et la durée de classe de 1338 heures, ils sont respectivement aujourd'hui de 1600 heures et de 870 (avec la réforme Darcos). Le temps libre a pratiquement doublé en cent ans. Il donne à réfléchir sur le temps de l'enfant et sur les convergences éducatives.
L'école de la rue et l'école des parents sont souvent en contradiction avec l'école de la République. Si l'on veut assurer à chaque enfant un minimum d'égalité des chances, il faut travailler sur cette contradiction. Pour que chaque séquence de la vie des enfants soit vécue positivement, il faut nous obliger à réfléchir à la coordination des acteurs qui accompagnent les enfants.

Coéducation
L'éducation est au coeur de la philosophie de l'aménagement du temps. L'éducation doit être - envisagée dans un approche globale, qui appréhende l'enfant dans sa totalité, sans découper en tranches le temps passé à l'école, en famille et en vacances.
En tant qu'institution, l'école développe une fonction sociale irremplaçable de transmission des savoirs validés et de l'expérience des générations passées. Mais, le caractère objectif des connaissances ne les rend pas par elles - mêmes émancipatrices. Encore faut - il qu'elles fassent sens pour ceux, à qui elles s'adressent, qu'elles participent à la compréhension de soi et du Monde.

Temps des loisirs
Le temps de l'enfance, c'est aussi le temps de l'expérience et de la découverte. Il implique la prise en compte de l'enfant comme acteur engagé dans une action collective. Ramené à l'année, le temps des loisirs est quatre fois supérieur au temps scolaire et aussi important que le temps passé en famille. Les maisons de l'enfance, les centres de loisirs les bibliothèques pour enfants, jalonnent nos quartiers. Elles impliquent des complémentarités qui sont rarement identifiées par le temps de leur accessibilité.

Le temps familial
Le temps familial est par essence un temps éducatif. Il l'est d'autant plus que les membres de la famille s'enrichissent des échanges des expériences glanées à l'extérieur du giron (du cocon) familial. Ces expériences alimentent une communication qui fertilise un processus qui associe les éducateurs, les parents et les enfants. Elles sont irremplaçables.

Construction de l'emploi du temps de l'enfant.
On voit bien à travers l'identification de ces trois temps de l'enfant, l'importance de l'aménagement d'un temps global.
Cet aménagement permet la diversification des temps autour de l'école (26 heures), en développant le temps périscolaire traditionnel (accueil matin, midi, soir, cantine, études surveillées), et en introduisant de nouveaux temps entre le temps de l'école et celui de la famille.
L'émergence d'un temps transversal entre l'école et la famille devrait - être, à la fois un temps éducatif proche de l'école, un temps éducatif proche de la famille et un temps éducatif proche des loisirs, mais surtout un temps social qui permette aux enfants de se construire socialement dans un environnement donné de mieux s'intégrer dans une communauté.
Ces nouveaux rapports au temps confirment que le temps est une dimension fondamentale de la vie en société et qu'il faut impérativement l'inscrire dans l'agenda de nos politiques publiques.



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