EN FINIR AVEC L'ÉLITISME SCOLAIRE

Nous vivons dans le mythe de l'égalité des chances d'un modèle idéalisé de l'école républicaine. Ce modèle sous - tend toutes les réformes que chaque ministre tient à mettre en œuvre. Peut - être faudrait - il se détacher de certaines ambitions, qui pour être nobles, n'en sont pas moins des miroirs déformants de la réalité.



NOSTALGIE QUAND TU NOUS TIENS !

EN FINIR AVEC L'ÉLITISME SCOLAIRE
Commençons par la nostalgie. Nous vivons en ce moment l'illusion qu'en revenant aux vieilles méthodes du passé, celle des hussards de la troisième république, nous allons pouvoir retrouver le socle de cohésion sociale qui nous manque. Avec sa dictée, avec sa leçon de morale quotidienne, avec sa méthode d'apprentissage de la lecture syllabique et le retour au bon vieux calcul mental, le Ministre De Robien incarne cette forme d'illusion nostalgique que d'autres avaient déjà expérimentée avant lui, en imposant l'apprentissage de la "Marseillaise" !


EGALITE DES CHANCES

EN FINIR AVEC L'ÉLITISME SCOLAIRE
Pour d'autres l'égalité des chances tient lieu de sésame au recrutement des élites à travers des parrainages entre quelques grandes écoles et les ZEP. Cette vision "humanitaire" de l'égalité des chances passe par pertes et profits la masse des élèves (20 %) qui décrochent irrémédiablement.


LA QUESTION DES MOYENS

EN FINIR AVEC L'ÉLITISME SCOLAIRE
Bien sûr, il ne faut pas oublier ceux qui ne veulent rien changer et qui entretiennent l'illusion que tout cela serait affaire de moyens supplémentaires. A les entendre, en multipliant tous les postes, sans diagnostics préalable, on parviendrait à faire, selon la formule consacrée par Antoine Vitez s'agissant de la Culture, "de l'élitisme pour tous !"

PROPOSITIONS

EN FINIR AVEC L'ÉLITISME SCOLAIRE
Les propositions qui suivent visent à faire de Grenoble une "Ville éducatrice" à travers l'élaboration d'un projet éducatif global (PEG), visant à coordonner l'ensemble des intervenants en milieu scolaire et à organiser un partenariat entre les familles, l'école, les acteurs socioculturels, et les entreprises. Elles consistent à :
- Installer un soutien scolaire individualisé pour les 6000 enfants et jeunes (20 %) qui décrochent du système scolaire, grâce à un tutorat assuré par des étudiants rémunérés.
- Créer une école de la "deuxième chance" pour des jeunes ayant quitté le système scolaire sans diplôme, ni qualification afin de construire un projet professionnel.
- Repenser la carte scolaire afin d'éviter les contournements de plus en plus fréquents des familles, en créant des filières d'excellence diversifiées sur le plan thématique et territorial.
- Introduire un enseignement artistique au sein des différents cycles scolaires, afin d'éveiller les enfants aux diverses disciplines artistiques et de les préparer à mieux apprécier et partager la vie culturelle de leur cité.
- Réaliser tous les ans une fête de l'enfance ouverte aux enfants de la Ville et de l'agglomération, à leurs familles et à leurs éducateurs afin d'exposer les réalisations les plus significatives de l'année scolaire passée.
Et surtout à se méfier des illusions !



Mercredi 14 Février 2007
Cécil GUITART
Lu 1068 fois

Société | Education, Jeunesse,Culture,Sport et Vie Associative | Logement et Habitat | Développement et Economie