EDUCATION ET CULTURE : ENCORE UN RENDEZ - VOUS MANQUÉ

L'audace dont semble faire preuve Nicolas Sarkozy, a trouvé des limites aux frontières de la culture. En continuant à sanctuariser le ministère de la culture comme il vient de le faire dans la composition de son premier gouvernement, il manque l'indispensable rendez - vous entre Education et Culture, qui aurait pu sauver de la crise ces deux grandes missions d'intérêt général.



UN SYSTÈME A BOUT DE SOUFFLE

EDUCATION ET CULTURE : ENCORE UN RENDEZ - VOUS MANQUÉ
Plutôt que des prolonger l'ère Malraux, dont tout le monde s'accorde pour dire qu'elle est à bout se souffle, le Président de la République eût été inspiré de continuer son incursion au sein du Front Populaire, en y puisant les idées de culture et d'éducation qu'un Jean Zay et qu'un Léo Lagrange ont su promouvoir.
Isoler la culture aux seules expressions artistiques au sein d'un ministère sans lien avec celui de l'éducation nationale, c'est rester englué dans les prémisses fondatrices du Ministère tel que l'avait conçu André Malraux, pour qui, d'un côté, la culture ferait aimer les oeuvres et de l'autre, l'éducation les ferait connaître. C'est aujourd'hui, accepter la fatalité sociologique d'une "culture entre - nous ", celle des 20 % de la population qui possède les fondamentaux qui leur permettent d'accéder aux "œuvres de l'humanité" et, surtout, de se reconnaître entre eux, entre happy few d'une caste culturelle incapable de renouvèlement intergénérationnel.






BIEN - COMMUN

EDUCATION ET CULTURE : ENCORE UN RENDEZ - VOUS MANQUÉ
Cette culture qui éloigne les Français d'un "bien commun" nécessaire à la compréhension du monde et à la construction de nos concitoyens, devrait être un partenaire permanent de l'éducation.
Cette culture qui tourne le dos à ses propres principes d'égalité des chances, s'éloigne d'une éducation populaire qui forme l'esprit critique à l'exercice du libre arbitre.
Cette culture, vidée de sa substance artistique quand elle est transmise dans les canaux télévisuels (quel gâchis, quand on immagine la portée éducative que pourrait avoir la TV !), s'ingénie davantage à combler les vides de l'existence, à distraire, plutôt qu'à éduquer. Cherchons ensemble le "mieux - disant - culturel" de nos chaînes de plus en plus nombreuses et de moins en moins culturelles !

OUVERTURE OU FERMETURE ?

EDUCATION ET CULTURE : ENCORE UN RENDEZ - VOUS MANQUÉ
Paradoxalement, ce nouveau rendez - vous est imputable aux conséquences d'une ouverture politique, mal engagée, mal comprise et surtout pleine d'ambiguïtés. Et, c'est la culture et l'éducation qui en sont les victimes.
Dommage !

Dimanche 27 Mai 2007
Cécil Guitart
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1.Posté par zélie le 02/06/2007 18:28

Je reste quoi.... je fais partie de corps enseignant et des proches de celuis du mode artistique et la disparition proposée du ministère ne nous semblait pas une bonne idée... que la culture ait une place digne de ce nom dans notre enseignemant, je réponds oui. Que l'enseignemant entre dans la culture... peut-être... mais fusionner les deux me semble être un mélange des genres et surtout la mort de la culture. Renforceons les liens entre les deux sans en oublier un des deux. Le risque de n'en faire qu'un ne serait ce pas de se contenter de séance de flute à bec ou de piano pour nos bambins ou encore d'une visite au musée pour admirer uniquement des oeuvvres du passé... cela me questionne. Mais à dire la vérité je suis heureuse que le changement probablement nécessaire ne se soit pas réalisé à la va vite dans un programme où l'éducation et la culture n'avait quand même pas une place importante.

2.Posté par cecil Guitart le 04/06/2007 14:29

Imaginer qu'un rapprochement des deux ministères, serait la suppression des deux ne m'est jamais venue à l'esprit. Il y a de nombreuses solutions pour que deux ministères aussi proches (il faudrait y ajouter l'éducation populaire), puissent s'entreféconder. Par exemple J.J. Queyranne et René Rizzardo avaient imaginé une agence nationale du développement culturel, afin que sur le plan national il puisse y avoir un impact culturel.
Au lieu de quoi aujourd'hui l'Etat est quasiment absent des financements des politiques culturelles, et ce sont les collectivités qui assument. La réalité est que les collectivités locales assument fort bien cette compétence dans laquelle l'Etat devrait se contenter de règlementer et de se positionner de façon subsidiaire : faire ce que les autres partenaires ne peuvent pas faire tout seul.
Cette mainière de voir les choses permettrait :
1 - De faire en sorte que l'éducation nationale fasse son travail d'éducation artisitique : ce qui permettrait à terme d'élargir la base sociale de la population touchée.
2 - De créer les conditions pour (comme le disait PEC)" Rendre la culture au peuple et le peuple à la culture".
Ma proposition vise à faire que 1 + 1 = plus de deux. Alors que le maintien du statut quo pénalise à la fois l'un et l'autre.

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