On observe d'ores et déjà un paysage associatif, de près de 20 millions d'adhérents, dont le chiffre d'affaire, est évalué à près de 60 milliards d'Euros, un nombre d'emplois de plus de 1 million ETP, d'autant de bénévoles, de 1 100 000 structures dont le budget annuel s'accroît, avec 2,5 %, sensiblement plus que le PIB national (1 717,9 milliards d'Euros).
Malgré le boom associatif, (70 000 créations d'associations par an en France), les données statistiques dont nous disposons montrent que l'âge, le niveau culturel des adhérents se sont accrus au détriment des catégories qui participent le moins à la vie des institutions politiques.
Les jeunes, les classes populaires, sont tout aussi éloignées de la démocratie associative que des formes plus conventionnelles de démocratie.
Le secteur associatif n'est pas l'envers espéré du système institué. Il le renforce.
L'adhésion a augmenté dans les clubs sportifs (de 15 à 18 %), et dans le secteur humanitaire ( de 2 à 4 %), mais il a chuté dans les syndicats et les groupements professionnels ( de 14 à 8 %) et dans les associations de parents d'élèves (de 12 à 8 %).
Ces quelques chiffres mettent en évidence l'évolution d'un engagement qui recherche davantage l'accomplissement individuel, que celui de l'idéal collectif.
Globalement, la ségrégation sociale reste forte dans le monde associatif, sauf pour les sexagénaires qui deviennent hégémoniques et qui s'engagent presque vers une "seconde carrière ".
Il faut continuer ces observations, qui sont révélatrices de l'état de notre société.
Il faut installer dans chaque maison des associations de tels observatoires pour analyser en finesse la dynamique associative de nos villes.