Conseil municipal du 22 septembre


Délibérations sur la Presqu’île scientifique – Projet urbain
2-D 005, 3-A 003, 4-D 003, 5-D 004



Conseil municipal du 22 septembre
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les élus,


Au nom de Grenoble Objectif Citoyenneté, je dirais d'abord, à nouveau, notre accord et notre adhésion à ce projet urbain de la Presqu'île, et notre volonté que les grands éléments du programme et les grands objectifs d'aménagement soient portés dans la durée par l'ensemble des acteurs associés à ce projet.

C'est au premier chef notre responsabilité d’élus - Maire, Municipalité et Conseil Municipal - de veiller à tenir nos engagements au fil des années, à travers l'animation politique des instances de pilotage prévu, et aussi , avec la même énergie et la même constance, à travers un dialogue public soutenu avec la population de la Ville et de l'Agglomération. D’où la nécessité impérieuse que la ville pilote l’ensemble de la démarche presqu’île.

D'un mot, il faut à nouveau souligner la qualité et la force du projet urbain proprement dit, la simplicité et la clarté des lignes directrices d'aménagement, la recherche de continuité urbaine avec le quartier de la gare et le centre ville et avec les communes voisines en rive gauche du Drac et en rive droite de l'Isère. Et nous approuvons les orientations du programme vers la mixité des fonctions urbaines vers la recherche d'un équilibre original autour de la notion d'un campus intégré à la Ville et respectant les impératifs du développement durable.

Mais attention à ne pas sanctuariser ce site de la Presqu'île, à ne pas en faire un quartier d'élite tel que les grenoblois ordinaires ne s'y retrouvent pas, voire même s'en sentent exclus, non pas parce qu'il y aurait des impossibilités d'y circuler, mais par suite de barrières psychologiques ou culturelles qui pourraient s'inscrire dans leur esprit suivant la manière dont les choses sont faites. La Presqu'île doit faire l'objet d'une appropriation par les grenoblois au fur et à mesure de son évolution, du même type que celles dont bénéficie le centre-ville. Les éléments du programme dont on parle aujourd'hui : ligne de tramway, diversité des logements,(privés et publics, étudiants et familles) équipements publics de loisirs et des sports, activités de production et de services complémentaires des activités de recherche et de formation, peuvent donner peu à peu un « esprit des lieux », original encore une fois, mais accessible à tous. Cela est possible, mais sous réserve de le vouloir profondément et continument, et c'est bien là notre responsabilité collective et celle de nos successeurs.

Ce projet Presqu’île est étroitement lié au plan campus dont nous avons parlé en juillet ici-même avec les dimensions qu'il comporte, éducative et universitaire, scientifique, immobilière et territoriale – en les inscrivant bien dans une dynamique urbaine d'agglomération qui traite équitablement l'Est (Gières, St Martin-d'Hères, La Tronche) et l'Ouest (Presqu'île) sans oublier les potentialités de l'axe Sud - Là aussi la responsabilité politique doit s'exercer, et jouer le rôle de catalyse dont les autorités universitaires ont besoin pour que leurs démarches convergent sur les grandes compétences d'enseignement et de recherche d'une université de Grenoble unifiée, et qu’elles convergent aussi sur les objectifs d'amélioration significatives de la condition de vie des étudiants dans notre agglomération.

Ces délibérations que nous approuvons appellent cependant des éclairages complémentaires sur lesquels nous attirons l'attention de nos collègues et de vous-même Monsieur le Maire, pour que nous y travaillions en bonne intelligence. Il s'agit d’une part des engagements financiers qui se profilent pour le mandat qui s'ouvre. Et d'autre part de la place à donner au débat public sur le devenir de la Presqu'île.


Conseil municipal du 22 septembre
Nos engagements financiers renvoient aux discussions que nous allons avoir cet automne au sujet de la programmation pluriannuelle d'investissement et des budgets annuels successifs de notre mandat. Nous savons bien les uns et les autres que les arbitrages à faire seront particulièrement rudes en ces temps de basses eaux des finances publiques. Quelle pourra être le concours de notre ville au projet Presqu'île, compte tenu de l'ensemble des autres projets et opérations que nous voulons mettre en œuvre. Et par ailleurs, les autres financeurs possibles seront-ils au rendez-vous ? Dans quelles conditions ? A quel moment ? Il y a là des éléments d'incertitude, notamment du côté de l'état, qui peuvent interférer avec le rythme d'avancement du projet de la Presqu'île.

Quant au débat public dont il faut accompagner la gestation du projet Presqu'île et du plan campus dont il est solidaire, il s'agit là d'une ardente obligation, tant il est lourd d'enjeux pour l'avenir de notre ville et de notre agglomération , et pour celui de tous leurs habitants. Il y a en germe dans ce projet et dans ce plan le modèle de développement, dans lequel va s'inscrire notre collectivité, le visage culturel, social, économique qui va la caractériser pour les décennies à venir. Société de la connaissance, économie de la matière grise, université de l'innovation, entreprises de hautes technologies, toutes ces réalités demandent à être mieux perçues, connues, comprises par l'ensemble des citoyens et à être interrogées. Plutôt que d'une concertation au sens classique, c'est d'un ensemble de démarches diversifiées, expositions, informations, conférence de citoyen, débats divers ayant pour objet de diffuser et populariser les questions de société et de mode de développement, qu'il nous faut inscrire dans le champ de la démocratie locale chère à notre majorité. Le projet Presqu'île peut être l'occasion et le vecteur de cette démarche de prise de conscience collective, de conscientisation comme on dit au Brésil, au sujet de la préparation de notre avenir commun.

Jeudi 25 Septembre 2008
Jean-Philippe Motte
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