Je voudrais à mon tour saluer la qualité de ce plan d'actions, des propositions qui nous sont présentées, du travail et de la mobilisation qui les ont préparées et élaborées.
Ce plan d'actions est fondé sur une approche de notre société locale et des maux dont souffrent nombre de grenoblois qui nous paraît pertinente.
Il est orienté par des exigences que nous partageons très largement, la volonté de redistribution, la mise en valeur du sens collectif de l'action, la recherche de la fraternité.
Avec ce plan d'action, pour autant bien sûr, que l'on parvienne à le mettre en œuvre dans la durée, le CCAS accomplit sa mission d'action sociale, dans les conditions renouvelées demandée par l'évolution de la situation et des conditions de vie de la population grenobloise. En même temps il joue un rôle d'impulsion, d'éclaireur des politiques sociales locales, conforme à sa vocation et à son histoire.
Par l'ensemble de ses professionnels dans les différents domaines où ils interviennent, que l'on retrouve dans son plan d'actions, le CCAS développe une sensibilité particulière à la sante du corps social grenoblois, il en détecte les difficultés et les questions, les misères et les potentialités. Il peut les exprimer, en faire le diagnostic, proposer des réponses aux attentes et aux aspirations de nos concitoyens, les expérimenter.
Du moins est-ce la conception que nous pouvons avoir de la place du CCAS au sein des institutions locales et de son action.
Pour autant, il nous faut veiller en même temps à ce qu'il soit bien le CCAS de la ville de Grenoble, qu'il inscrive ses orientations et ses interventions dans le cadre politique dessiné par la majorité municipale et le Maire, président du CCAS. Il est certes un établissement public autonome mais d'une autonomie relative, tant sa capacité d'action comme sa légitimité politique sont liées à celles de la ville, et en procèdent. Le conseil d'administration du CCAS est à maints égards le mandataire du conseil municipal ; il délibère, propose, préconise, décide pour le compte de l'institution municipale dans son ensemble.
Cette relation subtile Ville-CCAS, cette dialectique interinstitutionnelle, nous la vivons et nous allons la vivre de manière tout à fait évidente sur plusieurs champs, mis en valeur dans les priorités politiques de ce mandat et qui participent, en même temps, peu ou prou, des politiques sociales entendues au sens large : l'éducation, la jeunesse, les relations intergénérationnelles. Dans ces trois domaines où nous voulons aller de l'avant, on aperçoit bien les interactions Ville-CCAS, d'ailleurs pointées par le plan d'actions. Il faut à la fois bâtir ces coopérations entre les partenaires concernés et respecter la délégation donnée par le Maire et le conseil municipal aux adjoints et adjointes désignés pour qu'ils en assument le pilotage politique.
Nous faisons confiance à l'intelligence personnelle et collective des protagonistes pour surmonter les éventuelles querelles de territoire et de préséance qui pourraient survenir dans l'exercice de leurs responsabilités. Les enjeux en cause dans cette coopération Ville-CCAS, l'engagement des acteurs sont suffisamment forts pour créer les dynamiques collectives et emporter l'adhésion.
J'en prendrai des exemples très différents mais également significatifs.
• A travers les nouvelles relations qui s'esquissent entre centre sociaux et antennes de mairie, à l'échelle des secteurs de la ville, comme à travers celles qui pourraient se développer entre centres sociaux et équipements socioculturels, nous allons vers de nouvelles formes d'équipements et de services.
C'est la manière même dont la Ville et le CCAS sont présents auprès de la population grenobloise, manière décentralisée et dans les relations de proximité qui fait l'objet d'une innovation partagée.
• De même l'existence des fonctions d'accueil et d'orientation assurées par le CCAS auprès des populations démunies, sans domicile ni ressource fixe s'inscrit dans une longue et grande tradition d'hospitalité qui fait l'honneur de notre collectivité locale. Aujourd'hui, les fonctions demandent à être remises en perspective et en interaction avec la ville et la Communauté d'Agglomération, au nom de la continuité du chemin qui mène ces populations, épaulées par les associations, vers l'hébergement et le logement.
Ce sont là deux exemples parmi d'autres, des chantiers d'avenir que nous propose le vice-président du CCAS, sur lesquels il est souhaitable et bon que nous travaillons de concert.