CONSEIL MUNICIPAL DU 28 AVRIL 2008 : INTERVENTION DE JEAN-PHILIPPE MOTTE




CONSEIL MUNICIPAL DU 28 AVRIL 2008 : INTERVENTION DE JEAN-PHILIPPE MOTTE
GRENOBLE OBJECTIF CITOYENNTE

Conseil Municipal du 28 avril 2008

Intervention de JEAN-PHILIPPE MOTTE


Monsieur le Maire mesdames et messieurs les élus,

Nous sommes engagés dans ce nouveau mandat municipal et au sein de la majorité constituée lors des élections de mars pour porter et mettre en œuvre les propositions d’action et les conceptions de la pratique politique que nous avons exposées et débattues au cours de la campagne électorale.

Nous avons mis l’accent dans nos échanges avec les grenoblois sur quelques dimensions majeures :

- l’éducation et la culture pour «fabriquer» des citoyens, c’est-à-dire des personnes instruites, autonomes, capables de vivre ensemble et de s’intéresser à la cité ;

- l’action collective pour améliorer les conditions de vie quotidienne et préparer l’avenir des grenoblois dans le dialogue régulier avec la population et l’animation d’une démocratie locale vigoureuse

- le développement territorial solidaire et durable de notre agglomération à travers un ensemble de politiques publiques conjointes et complémentaires entre la Ville et la Métro : logement, déplacements, développement universitaire et scientifique, action économique, politique de la ville, collecte et traitement des déchets, économie d’énergie.

Ces lignes d’action sont en bonne résonance avec les principales orientations et le programme élaboré par la liste de premier tour conduite par Michel Destot et repris dans les principaux engagements formulés en vue du second tour et également dans l’accord PS-GO rédigé à ce moment là.
Nous avions ensemble donné la priorités à :
la solidarité sociale exprimée notamment dans les politiques du logement et du renouvellement urbain ; au développement économique ; à l’emploi et à l’insertion professionnelle ; au développement durable visé dans la politique des transports et des déplacements comme dans la réhabilitation du bâti ; à l’amélioration du cadre de vie quotidien ; la mise en valeur d’une ville multiculturelle, ouverte sur le monde attentive, à sa dimension intercommunale, en dialogue permanent avec ses habitants en vue de susciter une communauté de citoyen.

Ces convergences dans le projet et le programme d’action nous ont décidé à nous inscrire dans cette majorité nouvelle, malgré nos divergences et désaccords sur la composition de celle –ci, son caractère disparate, avec des personnes venant de la droite classique, du Modem, de la société civile, associées aux forces de gauche, les écologistes étant mise à part. Nous avons fait le pari que nous saurions poursuivre collectivement au sein de cette majorité les travaux et les chantiers mis en œuvre au cours des mandats précédents et ouvrir de nouvelle démarches relevant des priorités rappelées à l’instant.
Notre engagement et notre concours seront à la mesure du poids qui nous est reconnu, poids modeste – 5 élus sur 44 – lié au nombre de suffrages que nous avons recueilli, sans que l’arithmétique électorale ait été complètement respectée par nos interlocuteurs dans la négociation de deuxième tour.

Notre score commun du deuxième tour, celui par lequel nous constituons ensemble la majorité municipale est médiocre – il ne passe pas les 50 %. Compte tenu de l’importance de l’abstention nous ne sommes l’expression directe que d’un quart du corps électoral, ce qui contribue à notre fragilité. Nous ne pouvons nous satisfaire de ce poids toujours si important des abstentionnistes à Grenoble et devons nous interroger à nouveau sur ce retrait ou ce rejet persistant d'un grand nombre de nos concitoyens à l’égard des affaires publiques. Cela doit en tout cas nous inciter à bannir toute arrogance, de pensée comme de comportement, dans la conduite des politiques que nous voulons mener comme dans la relation aux habitants, aux associations, et à l’ensemble de nos partenaires.

Soyons au contraire exemplaire dans la recherche du dialogue avec eux, dans la qualité du travail de proposition et d’élaboration que celui-ci nourrit, dans la clarté du processus d’instruction de délibération et de décision au sein des instances municipales, dans la diligence à mettre celle-ci en application.
Les grenoblois attendent de l’institution municipale qu’elle soit juste et performante. A nous les élus d’y veiller , c’est à dire d’associer concrètement les services municipaux et les organismes liés à la ville – les quelques 5000 salariés qui y travaillent - à l’ensemble de nos démarches et à leur demander la meilleure efficacité.
Nous serons jugés, nous demandons à être jugés, sur notre action, sur la mise en œuvre de nos engagements, nous élus de GO, et nous majorité municipale.
Nous seront également jugés sur le style de notre action, sur la manière de faire sur le respect des citoyens et de leur parole, sur l’exigence démocratique qu’ils expriment et que nous partageons.

Ce point de la participation des habitants nous tient particulièrement à cœur, dans les différentes modalités qu’elle peut revêtir, plus institutionnelle avec les unions de quartiers et les Conseils Consultatifs de Secteur, plus souple et informelle selon les différentes modalités pratiquées ces dernières années. Nous nous réjouissons de la création d’une délégation d’adjoint à la démocratie locale. Nous sommes prêts à travailler de concert avec notre collègue au développement de cette démocratie participative, y compris en imaginant et en expérimentant de nouvelles modalités d’action dans ce domaine ; par exemple, comme nous l’avions proposé, l’instauration de budgets participatifs au sein des CCS, ou encore les conférences de citoyens sur de grands sujets à forte implication sur le développement grenoblois. Sur ces sujets aussi nous sommes prêts à coopérer activement. Nous avions d’ailleurs suggéré qu’une mission soit confiée au 6e membre de notre liste à l’occasion des négociations de 2eme tour et cette proposition avait reçu bon accueil..

Je ne peux terminer mon propos sans m’adresser directement à vous Monsieur le Maire, une question qui nous tient à cœur elle aussi et qui participe selon nous, et je crois aussi selon un grand nombre de nos compatriotes, de cette exigence démocratique évoquée précédemment. Il s’agit vous l’avez compris de la limitation du cumul des mandats et délégations sur lesquels nous avons souvent attiré l’attention sans être beaucoup écouté. Je passe sur le cumul mandat national - mandat local sur lequel nous sommes en désaccord –et qui donne lieu à un festival d’hypocrisie au sein des forces politiques nationales, chacun affirmant encore au cours de l’année 2007, parti socialiste derrière Ségolène Royal, comme forces politiques de droite présentes au sein de la commission Balladur, qu’il est pour la fin de ce cumul, mais ne faisant rien.

Non je parle des cumuls auxquels on assiste aujourd’hui au sein de notre majorité municipale, dans la répartition des délégations, responsabilités, et représentations et qui aboutissent à des situations où les personnes concernées, qu’elles que soient leurs compétences, leur expérience, leur engagement ne pourront assumer pleinement les taches dont elles ont la charge par impossibilité matérielle - le don d’ubiquité n’est pas encore très répandu.Ne serait ce pas faire preuve d’intelligence, d’intelligence politique que de mieux repartir les responsabilités entre les élus – sans nier encore une fois qu’il y ait des élus « plus égaux que d’autres » parce que plus expérimentés, plus vifs, plus travailleurs que sais-je encore.

Nous y gagnerions en implication collective – en préparation de l’avenir en permettant à de nouveaux élus de monter en régime, en respiration démocratique pour revenir à mon propos de départ.
A quoi assistons nous en effet à l’occasion de ces cumuls surabondants, sinon aussi à la volonté de main mise, de contrôle exclusif, de « verrouillage » (pour reprendre un vocabulaire carcéral curieusement importé en politique), de la part de certains élus ou petits groupes d’élus, à la constitution de domaines réservés susceptibles d’échapper aux approches pluralistes, à la confrontation des points de vue, dont la décision publique et l’action collective doivent se nourrir. C’est le risque d’un gouvernement par coterie et clan qui est alors ouvert.

Monsieur le Maire, le groupe GO Citoyenneté vous espère sensible à cette question.
Vous avez la capacité et l’autorité de porter remède à cette situation au fil des semaines et des mois à venir. Nous sommes prêts à contribuer à ce rééquilibrage auquel nous appelons y compris, le cas échéant, en revoyant les responsabilités et charges qui nous sont confiées.

Mardi 29 Avril 2008
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