- Favoriser l’intégration par des dispositions qui rendent en réalité plus difficile
l’intégration des Immigrés dans la société française…
- Rendre si complexes les conditions de vie familiale, qu’elles incitent à la clandestinité…
Voici deux aspects qui illustrent le caractère paradoxal et contradictoire du projet de loi sur l’immigration, dont le but affiché est de « favoriser l’intégration et de lutter contre l’immigration clandestine ».
Projet de loi Paradoxal et contradictoire au moins pour trois raisons :
1. Il est bien plus facile de se marier entre « Gaulois » que d’opter pour le « mariage
mixte » ! Etre un étranger, conjoint de Français « régulier » n’est pas une sinécure : il faudra pour décrocher un visa long séjour dans son pays d’origine, de 1 à 3 ans de délai, de séparation et des frais inutiles. De plus, la carte de séjour, obtenue après mariage, devra - être renouvelée 3 ans minimum avant d’espérer une carte de résident de 10 ans. (A condition toutefois, que le Préfet, après consultation du Maire, en décide…).
Paradoxe et injustice : la Cour des Communautés européennes n’impose aucun visa de long séjour en cas de mariage mixte. Ainsi, un Belge un Allemand… pourra lui, convoler sur-le -champ, en justes noces avec une étrangère extra - européenne, en France. Il y a étranger et étranger ! Qui parle « lutte contre les discriminations » ?
2. Le regroupement familial : patience également … !
Désormais, il faudra un délai de séjour de 18 mois minimum pour faire une demande de regroupement familial. En ajoutant le temps de procédure, l’étranger pourra espérer retrouver sa famille au bout d’environ 3 ans. Les exigences en matière de conditions de ressources sont renforcées (prestations sociales non - prises en compte).
Le droit à vivre en famille ne serait - il plus un droit constitutionnel ? La vie familiale ne serait-elle plus un vecteur essentiel de l’intégration ?
3. Fini aussi le droit à régularisation au bout de 10 ans de résidence pour les sans -
papiers ! S’ils sont restés 10 ans ainsi, pourquoi pas plus ?
Désormais, être intégré signifie, encore plus qu’avant, avoir un master - en patience … Ou - en capacité à opter pour la clandestinité.
Au-delà des intentions électoralistes qui sous-tendent à l’évidence ce projet de loi, il serait intéressant de s’interroger sur les enjeux économiques dont il est le vecteur ?