APRÈS LES ELECTIONS... LA RÉNOVATION !

Le premier tour des élections législatives confirme et accentue l'effet de bi-polarisation induit par un système électoral qui renforce les majorités et provoque un tassement des petits partis. L'absence totale de proportionnelle anéantit des sensibilités politiques multiples dans notre pays.
Ce premier tour confirme aussi la grave crise que traverse la gauche en général dans notre pays et la nécessité d'une rénovation urgente qui ne devrait pas tarder à se manifester dès les résultats du deuxième tour.



DU MULTIPARTISME AU BIPARTISME ?

APRÈS LES ELECTIONS... LA RÉNOVATION !
La France est un curieux pays qui a le goût du multipartisme et qui dans son expression électorale amène tout au bipartisme. Le mode de scrutin "uninominal - majoritaire - à - deux - tours", y est pour quelque - chose. Mais il n'explique pas tout.
Aussi chaque élection importante rend nécessaire un ajustement entre le pays réel et le paysage politique. C'est encore le cas, avec cette élection présidentielle.
La présidentielle a tassé les minorités. Le parti communiste et les partis de l'extrême gauche antilibérale et le Front National et les autres partis d'extrême - droite ont été "contenus" chacun dans un score avoisinant les 10 %.
Les faveurs pour un parti centriste crédité de 20 % ne laissent pas espérer une forte percée de ce mouvement.
L'UMP (regroupement de plusieurs partis de droite) et le PS (qui regroupe la gauche libérale) approchent à eux - deux les 60 %.
Le tout donne un paysage qui conduit, à travers l'exercice de rénovation, à dépecer le centre.


LES CONDITIONS DE LA RÉNOVATION

APRÈS LES ELECTIONS... LA RÉNOVATION !
Le travail de réflexion pour une rénovation, des partis concernés par un "aggiornamento", ne peut contourner cette contradiction du peuple Français qui présente 12 partis, après décantation d'une trentaine, pour en signaler trois ou quatre, et n'en retenir que deux au premier tour.
De - même, la réflexion à engager ne peut éluder un peuple qui se présente comme antilibéral en votant 54 % contre le traité constitutionnel européen et qui votre Sarkozy avec un score identique.
Ce n'est qu'après avoir analysé la peur inexplicable des Français face à une mondialisation, jugée excessivement libérale, que l'on pourra entreprendre ce travail de rénovation.


UN CENTRE DE GRAVITÉ POUR LA GAUCHE

APRÈS LES ELECTIONS... LA RÉNOVATION !
Un parti qui se donnerait aujourd'hui des frontières et des lignes de partage, se condamnerait à l'enfermement et à limiter son impact électoral. Lorsque Jacques Julliard (Nouvel Observateur) dit que "la gauche serait trop à gauche pour s'élargir vers le centre", il déplace les frontières en perdant d'un côté ce qu'il gagne de l'autre.
Pour aller vers une refondation, il faudrait plutôt rechercher un centre de gravité qui puisse essaimer de façon équidistante aussi bien vers le centre que vers la gauche.
C'est ce centre de gravité qu'il faut installer et qu'il convient de reconstruire sur un plan doctrinal.


UN CORPS DE DOCTRINE LISIBLE

APRÈS LES ELECTIONS... LA RÉNOVATION !
Ce corps de doctrine doit pouvoir trouver ses déclinaisons économiques, politiques et sociales :

• Sur le plan économique, il est clair qu'il ne peut être antilibéral (être "anti", c'est déjà être en partie la chose elle - même !). Il faut donc rechercher un modèle parmi les formes de libéralisme "tempérés" par le social. Il faut se diriger de façon plus urgente vers un libéralisme qui recentre l'économie sur l'homme et sur la préservation de la planète : cela s'appelle l'économie solidaire.

• Sur le plan politique : il est clair que dans le paysage actuel de la gauche, c'est le parti socialiste qui est le seul centre de gravité possible. Mais alors, il faut nettoyer les logiciels qui font fonctionner cette "machine à perdre" ! Ségolène Royal a eu le mérite de calmer les ambitions personnelles d'une génération qui doit passer la main. Forte de sa "demi - victoire", elle doit entreprendre dès maintenant, cette révolution où, à son tour, laisser la voie aux générations à venir.

• Sur le plan social : qu'ils soient au pouvoir, dans l'opposition, les partis dominants, ont le devoir d'être vigilants aux feux qui couvent dans les banlieues, ou aux montées d'adrénaline, parfois irrationnelles, d'un peuple qui se libère ainsi de ses peurs. Ce serait alors la revanche des minorités qui n'attendent qu'un tel signal pour refaire surface et retrouver leur place dans l'échiquier multipartiste.



Lundi 11 Juin 2007
Cécil GUITART
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