29 mars 2010 : Projet pour la jeunesse. Plan d'actions 2010 et lancement d'un nouveau Fond Initiative Jeunesse

Je souhaite d'abord souligner le choix judicieux du maire de Grenoble d'avoir reconnu la nécessité d'une délégation spécifique à la jeunesse dédiées aux jeunes de 16 à 25 ans et de l'avoir confiée à une adjointe



Intervention de Paul BRON

 29 mars 2010 : Projet pour la jeunesse.  Plan d'actions 2010 et lancement d'un nouveau Fond Initiative Jeunesse
En effet trop souvent dans d'autres villes, cette délégation reste secondaire et rattachée à la vie associative, à l'éducation ou à l'animation des quartiers, alors qu'elle nécessite une politique volontariste tout à la fois spécifique, et transversale. Et la tache n'est pas facile.
C'est pourquoi il faut féliciter le travail d'Hélène Vincent qui en a construit la première étape.

Le rôle d’une municipalité à travers les enjeux éducatifs, de citoyenneté, de socialisation n'est pas pareil suivant que l'on s'adresse à des jeunes de16 et 25 ans, ou de 11 et 16 ans même s’il peut en partie être identique.
C'est pour cela que ce "projet jeunesse" vient compléter et prolonger le projet éducatif grenoblois qui s'adresse lui aux enfants et aux jeunes jusqu'à 18 ans.
Ce projet devra être le liant, la passerelle vers la politique intergénérationnelle portée par Florence Hanff.
Nous posons ainsi ensemble le cadre d'une politique concertée, et partagée, tout au long de la vie.
En lien également avec la politique d'insertion portée par Abde Djellal et la politique sociale du CCAS portée par Olivier Noblecourt, nous avançons vers plus de cohérence et de lisibilité.
C'est un progrès, mais ce n'est pas pour cela que tous les problèmes sont résolus.

Il y a 30 ans la politique de jeunesse était conçue comme une politique d’encadrement de la jeunesse. Puis on est passé dans les années 80 de « la jeunesse vit des problèmes » à « la jeunesse est un problème ». Donc à une vision déficitaire de la jeunesse.
Pourtant nous voyons bien comment, la jeunesse est une construction, un devenir et un avenir.


C'est pourquoi, le groupe GO souhaite insister ici sur deux points qui lui semblent essentiels :

I ) S'adresser à tous les jeunes…

Créer une politique pour la jeunesse à Grenoble, en particulier pour les jeunes adultes, suppose de s’adresser à tous, quels que soient leurs statuts sociaux, leurs lieux d’habitat, leurs situations, leurs références culturelles et leurs modes d’implication.
Un des enjeux de cette politique est bien de construire une capacité d’action s’adressant à l’ensemble des jeunes et de favoriser ainsi une politique jeunesse relevant du droit commun.
Même si la sociologue Joëlle Bordet a mené pour la ville, un très bon travail de diagnostic portant sur les enjeux d'autonomie et les modes de socialisation des jeunes des quartiers populaires, tous les jeunes de la ville nécessitent d'être accompagnés pour exercer leur autonomie



II …dans la globalité du territoire

Ensuite, et c’est important, il faut inscrire les jeunes dans la globalité du territoire.
En effet, ils nous renvoient des questions éducatives, politiques, mais aussi de démocratie locale, d’urbanisme, d’architecture, d’aménagement du territoire.
Quelle place laisse-t-on à la jeunesse dans notre ville pour qu’elle ait des espaces « d’entre soi », mais aussi des espaces où elle peut croiser d’autres générations ?
Ces questions se posent dans les écoles, dans les maisons de quartier, les bibliothèques, les centres sociaux et les MJC, mais aussi dans les associations, dans les foyers de retraités, dans l'espace public du secteur.
Il faut penser à la fois des espaces où les jeunes peuvent expérimenter, et des espaces où ils peuvent croiser des personnes d’autres générations, d’autres milieux, d’autres pratiques….

Et plutôt que d’être comme souvent, dans l’injonction à la participation, ce qui est fort peu efficace, il s’agit bien de permettre à des jeunes de « faire des choses, de dire des choses » et, à partir de là, si besoin, de transformer « ce faire, ce dire » en un projet plus construit, voir en interpellation.

Il y a donc nécessité de mener une politique spécifique et transversale en direction de la jeunesse qui implique toutes les délégations et services de la ville.


Je voudrais enfin conclure par deux remarques :

- La première concerne le rôle des associations socio culturelles dans la politique jeunesse.
Nous distinguons à la ville, les associations dites "socio culturelles" dont la mission déléguée est plus portée vers l'enfance, l'adolescence et des associations dites " ressources" tournées plus spécifiquement vers les jeunes, les adultes. Si ce constat s'appuie sur une réalité il n'est pas exclusif. Il ne faut pas à mon avis, cloisonner ces générations et céder trop facilement aux discours qui concluent que les jeunes de la ville ne sont plus dans nos structures socio culturelles. L'analyse doit être plus pointue.
Un certain nombre de MJC accueillent et accompagnent des jeunes, il faut les reconnaitre, les soutenir et les intégrer pleinement dans la politique jeunesse.

- La deuxième remarque concerne la qualification des professionnels et le décloisonnement des services de la ville autour de la politique jeunesse.
Pour mettre en œuvre la politique jeunesse, la collaboration entre des correspondants jeunesse spécialisés (disposant de compétences liée à la jeunesse, à la démocratie locale, et au développement local), et les autres services de la ville est essentielle. Il ne s'agit pas de créer des super agents de développement spécialisés jeunesse, dans tous les secteurs, auxquels serait déléguée la politique jeunesse de la ville. Mais plutôt de créer des partenariats d'action et de projets, entre ces professionnels et les services de la ville dans lesquels seraient identifiées des fonctions spécifiques adaptées et dédiées.

Enfin nous rappelons encore une fois, tout l'intérêt à ce que la politique jeunesse s'appuie aussi le service civique volontaire. La ville envisage d'encourager plusieurs stagiaires au sein de ses propres services, et c'est une bonne chose, il est utile de même d'encourager la collaboration avec les associations existantes telles qu'Unis cités ou l'AFEV, (formation citoyenne, participation à un projet d’intérêt général, brassage social et travail en équipe). Nous insistons d'autre part sur l'intéret du tutorat étudiant, et sur la valorisation de la transmission de savoirs entre toutes les générations présentes sur notre ville.





Mardi 6 Avril 2010
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